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La sécurité collective
GDO SSUAP · Chapitre 3 — La sécurité des intervenants · §1
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QCM
GDO SSUAP · Chapitre 3 — La sécurité des intervenants · §1
La sécurité collective
Source : Guide de doctrine opérationnelle « Secours et soins d'urgence aux personnes », DGSCGC, novembre 2022 (V1.1) — chapitre 3, p.31-34.

La sécurité des intervenants repose sur la connaissance de la doctrine applicable aux opérations de secours, la formation des personnels et/ou des spécialistes, et le port d'équipements de protection individuelle (EPI) adaptés aux dangers. Les primo-intervenants revêtent les EPI dont ils disposent en fonction de la situation ; leur implication dans une opération dépend également des limites d'emploi des équipements à leur disposition.

Des incidents pouvant se produire tout au long de l'action des sapeurs-pompiers, il convient de porter un effort sur les actions suivantes :

  • assurer le suivi de la situation en matière de sécurité du personnel engagé ;
  • élaborer un dispositif tactique d'évacuation d'urgence ;
  • assurer la logistique et le soutien santé de l'opération de secours ;
  • rester en contact permanent avec les chefs de secteur pour évaluer et gérer les risques (notamment structurels) ;
  • communiquer et échanger avec les différents services engagés aux côtés des services de secours (opérateurs du gaz, de l'électricité, expert, exploitant, etc.).
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Après analyse de la balance « bénéfice / risque », le COS établira son idée de manœuvre en fonction des équipes, du matériel, du risque et des enjeux.

La sécurité collective passe par :

  • une approche prudente de la zone de l'accident afin d'évaluer les dangers potentiels pour les intervenants et les témoins ;
  • le repérage des personnes qui pourraient être exposées aux dangers identifiés ;
  • l'éviction des dangers ;
  • le recueil du nombre de victimes ;
  • un balayage visuel autour de la victime, en restant à distance d'elle afin d'évaluer les dangers persistants qui peuvent la menacer ;
  • une attention permanente.

Il appartient à chacun des membres de l'équipe d'adopter une attitude basée sur une communication non violente, tant dans l'intérêt de la victime que pour éviter tout débordement et garantir la sécurité des intervenants, notamment en se présentant comme aidants, en gardant une attitude assurée, calme, neutre et bienveillante, en observant la situation, et en parlant calmement de manière à apaiser et dédramatiser.

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Il faut parfois remarquer la conduite aggravante de l'entourage et en isoler la victime — et à l'inverse, associer les personnes apaisantes.

1.1 · Les grands principes

En fonction de l'analyse de la situation et des éléments recueillis lors de la reconnaissance, il est nécessaire que les intervenants mettent en place les mesures suivantes :

  • la délimitation claire et visible de la zone de danger, en veillant à empêcher toute intrusion dans celle-ci ;
  • la suppression, de manière permanente si possible, des dangers tant pour la victime que pour les sapeurs-pompiers ;
  • la mise en place des moyens de protection collective (balisage, avertisseurs lumineux, recours aux forces de l'ordre, etc.).
1.2 · La prévention du risque routier

Au regard du nombre et de la nature des opérations de secours effectuées chaque année, les véhicules de secours et d'assistance aux victimes restent les moyens des SIS les plus vulnérables face au risque routier. Tous les occupants du VSAV doivent être ceinturés à chaque phase de déplacement (sauf justification médicale contraire pour la victime, ou situation/contexte particulier), et particulièrement lors du trajet vers le lieu de l'opération de secours.

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L'ensemble du matériel embarqué doit être arrimé afin de ne pas devenir un projectile en cas de mouvement ou de choc.

1.2.1 · L'adaptation de la vitesse à l'urgence

La dérogation à la vitesse autorisée pour un véhicule d'intérêt général prioritaire en situation d'urgence ne dispense pas le conducteur de rester maître du véhicule. La vitesse est toujours maîtrisée et adaptée aux conditions et à l'environnement de circulation, ainsi qu'aux spécificités du véhicule (poids lourd, utilitaire, véhicule léger, gabarit, poids…).

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L'usage des avertisseurs sonores et lumineux est obligatoire, sauf ordre contraire du CODIS ou du chef d'agrès.

Un excès de vitesse peut être justifié par le degré d'urgence de la mission, comme précisé dans l'article R.432-1 du code de la route. Le chef d'agrès contrôle la vitesse appliquée par le conducteur en fonction du degré d'urgence de la mission. En cas de conditions climatiques réduisant l'adhérence de la chaussée et/ou la visibilité (pluie, brouillard, etc.), la vitesse est adaptée dans la limite de la vitesse maximale autorisée par la signalisation routière — quelle que soit l'urgence de la mission.

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Aucun degré d'urgence ne justifie une dérogation complète aux dispositions du code de la route, ou à l'obligation élémentaire de prudence.

1.2.2 · Le nombre de personnes à bord d'un VSAV

Le nombre maximum de personnes admises à bord pendant le transport est indiqué sur le certificat d'immatriculation. Ce chiffre indique le nombre de personnes transportables simultanément hors victime allongée (conducteur, personnel du VSAV, personnel médical, forces de l'ordre, famille, etc.). Le chef d'agrès, en liaison avec les autres services partenaires, transfère si besoin les effectifs supplémentaires dans les véhicules qui suivent le déplacement jusqu'à l'hôpital.

L'évacuation d'une victime vers une structure de soins d'accueil se fait en adaptant la vitesse à l'état de la victime. La sécurité de la victime doit être assurée, avec pour priorité la non-aggravation de son état. Un avis médical recommandant l'arrivée dans les plus brefs délais n'exonère en rien la responsabilité du conducteur en cas d'accident.

1.2.3 · La signalisation de la zone d'intervention

Sur le lieu de l'opération de secours, le risque de heurt ou de renversement par un véhicule tiers sera réduit par la pose d'un balisage initial avec l'armement de l'engin adapté, voire renforcé si nécessaire.

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La vigilance de chacun des membres de l'équipage constitue un atout majeur dans la prévention des risques, et notamment du risque routier.

1.3 · La prévention du risque agression

En cas de menace ou de risque d'agression, ou d'événement de nature à entraîner une éventuelle réaction violente ou disproportionnée de la victime ou de son entourage, le chef d'agrès veille à :

  • surveiller l'environnement extérieur ;
  • demander l'engagement des forces de l'ordre ;
  • éviter d'exposer le personnel engagé ;
  • isoler la victime (surveillance des mains, éloignement des objets dangereux, etc.) ;
  • conserver une attitude ferme mais non agressive.

Le risque peut justifier une adaptation des modalités d'intervention des moyens de secours sur le terrain, et leur action peut être différée en cas de risques graves d'agression des intervenants (repli raisonné). Les missions SUAP sont le plus souvent réalisées avec des effectifs réduits, ce qui rend les personnels engagés plus vulnérables ; il y a lieu de :

  • signifier à l'ensemble de l'équipe toute observation anormale (ex : présence d'un couteau) ;
  • éloigner ou cacher de l'agresseur tout objet pouvant être utilisé comme une arme ;
  • garder son calme face à l'agresseur pour faire retomber la tension ;
  • utiliser les sacs de prompt secours comme boucliers en cas d'agression ;
  • conditionner la victime au plus vite pour réaliser le bilan à l'abri ;
  • quitter les lieux en attendant les forces de l'ordre si la menace persiste.
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La prise en charge des victimes prime toujours sur les autres actions en cours.

1.4 · La prévention du risque juridique

La prévention du risque juridique passe notamment par :

  • la qualité de la communication au cours de la mission ou de l'intervention ;
  • la qualité des actions menées ;
  • la traçabilité des actions ;
  • la prise en compte des demandes de renseignements ou des recours, associée le cas échéant à un rendez-vous explicatif avec le requérant lors de la transmission des pièces demandées.
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