La prise en charge de personnes en situation d'urgence psychiatrique — atteintes de troubles mentaux et nécessitant des soins, ou dangereuses pour elles-mêmes/autrui en raison de leur comportement (état alcoolique, stupéfiants, etc.) — fait exception au principe général du consentement.
Les conditions d'admission et de parcours de soins diffèrent selon que la personne est soignée avec ou sans son consentement. L'admission sans consentement se fait sur décision du directeur d'établissement, à la demande d'un tiers ou en cas de péril imminent, ou sur décision du préfet lorsque les agissements compromettent la sûreté des personnes ou, gravement, l'ordre public. Ces hospitalisations font suite à une demande écrite d'un tiers ou du représentant de l'État, puis à un certificat médical.
La présence physique d'un médecin et l'examen clinique de la victime sont indispensables avant tout transport — le chef d'agrès contacte le SAMU pour qu'il engage un médecin.
Les sapeurs-pompiers peuvent être confrontés à des personnes victimes de violences intrafamiliales (adultes, enfants, personnes âgées). Il n'existe pas de symptomatologie typique ni de profil type. Hors situations de violences déclarées, des questions simples et explicites peuvent être posées lors du bilan (« Avez-vous été victime de violences de la part de votre conjoint ? »).
Dans l'affirmative, la réponse est consignée sur la fiche bilan en précisant qu'il s'agit des dires de la victime ou d'un témoin (« …déclare avoir été victime de violences conjugales »).
Dans la négative ou en l'absence de réponse, si des doutes persistent, le chef d'agrès reste attentif au comportement de la victime (gestes, regards, pleurs), à celui du conjoint (répond à sa place, minimise la gravité), et aux signes évocateurs (problèmes de santé chroniques, blessures répétées, dépendances, tentatives de suicide, passages répétés aux urgences).
Au retour, il consigne ces éléments dans son compte-rendu de sortie de secours et en rend compte à son supérieur hiérarchique, en vue d'un éventuel signalement.
L'alcoolisation sur la voie publique est source de dangers spécifiques (risque d'accident, comportements violents, troubles de l'ordre public). L'ivresse publique et manifeste est une ivresse notoire ou certaine ; la jurisprudence en a déterminé, de façon indicative, les contours : haleine sentant fortement l'alcool, propos incohérents, démarche titubante, perte d'équilibre, yeux vitreux.
Les personnes en état d'ivresse, prises en charge le plus souvent sur la voie publique, doivent faire systématiquement l'objet d'un bilan complet et d'une surveillance attentive. Ce type de mission peut se répéter plusieurs fois par jour pour les mêmes individus — il importe de ne pas tomber dans la routine (la victime peut se montrer agressive) et de garder à l'esprit qu'une telle victime peut évoluer très rapidement, voire instantanément, vers une détresse vitale et une mort subite.
La prise en charge d'une personne en état d'ivresse manifeste sur la voie publique relève de la compétence des forces de l'ordre.
Une opération auprès d'une personne présentant des troubles du comportement ou des idées suicidaires requiert des précautions spécifiques :
Des signes de dangerosité peuvent être repérés : agitation menaçante ou mutisme avec tension musculaire, refus de contact, déambulation incessante, réactions de sursaut, attitude hallucinatoire, cicatrices ou antécédents de violence, ébriété ou toxicomanie.
La contention physique est du ressort des forces de l'ordre. Dans l'attente, la personne peut être maintenue de manière provisoire pour garantir sa propre sécurité ou celle des autres.
Si des moyens sont sollicités en renfort, le chef d'agrès peut demander au CTA-CODIS de leur indiquer de couper les avertisseurs lumineux et deux tons à l'approche des lieux, pour ne pas effrayer ou provoquer la victime.