La DP enseigne un geste ou l'usage de matériel, pour une procédure réalisée seul ou à 2 sauveteurs maximum. Elle rend visible ce qui serait autrement abstrait : voir le geste à vitesse réelle, puis l'entendre décomposé et justifié, déclenche deux processus simultanés — reconnaissance visuelle et compréhension rationnelle.
🎯 Cadre général
Quand
Enseigner un geste ou l'usage de matériel. Procédure seule ou à 2 sauveteurs maximum.
Pourquoi apprenant
Acquérir un savoir-faire, comprendre et visualiser que cela fonctionne, identifier les étapes de la conduite à tenir.
Pourquoi formateur
Faire découvrir la procédure puis faire reproduire les gestes, faciliter la compréhension.
Avec quoi
Matériels selon fiche technique SSUAP, rôle(s) d'équipier(s) joué(s) par le(s) formateur(s), valise pédagogique, maquillage, structure bâtimentaire et mobilier.
⚠️ Trois risques structurels accompagnent toute démonstration : l'illusion de savoir (l'apprenant sous-estime la distance entre comprendre et faire), le décrochage (une démonstration trop longue perd ses spectateurs), l'erreur apprise (une imprécision du formateur, jamais corrigée, entre dans la mémoire procédurale du groupe).
Partie V.2.3 · Repères
Les 3 étapes, cas particuliers, risques
DTR, DCJ, puis le formateur devient "robot"
🔄 Déroulé détaillé
Étape 1 — DTR : Démonstration en Temps Réel
Formateur : réalise la CAT à vitesse réelle, situation crédible, inclut un risque, une protection et une alerte · Apprenants : observent et écoutent en silence
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Étape 2 — DCJ : Démonstration Commentée Justifiée
Formateur : introduit QUAND/POURQUOI/AVEC QUOI, démontre à vitesse lente (le COMMENT), explore les savoirs antérieurs par le feedback, explique tous les risques, insiste sur les points clés · Apprenants : écoutent, questionnent en cas d'incompréhension
↓
Étape 3 — Reformulation ("le formateur-robot")
Formateur : reproduit la technicité guidée par les participants, fait ressortir l'intégralité des risques et critères d'efficacité · Apprenants : guident le formateur, restituent oralement la conduite à tenir
« Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis, et je justifie tous les gestes. »
Cette règle de communication s'applique à l'étape DCJ : chaque geste est verbalisé au moment où il est réalisé, et systématiquement justifié.
🔀 Cas particuliers (formateur expérimenté requis)
DCJ en Miroir (DCJ M) : inclut l'atelier pratique pendant la démonstration elle-même.
DCJ Participative (DCJ P) : favorise la participation active du groupe si le formateur est seul.
⚠️ Risques et critères d'efficacité
RISQUES
Manquer de justification pour favoriser la compréhension
Ne pas respecter les règles de communication
Apprenants : pratiquer un nouveau geste pendant la démonstration (DTR, DCJ)
Absence de compréhension du message émis
EFFICACITÉ
Objectifs atteints
Compréhension des apprenants
💡 Repère pédagogique : le rôle de "robot" à l'étape 3 est volontairement inconfortable pour le formateur — il doit résister à l'envie de corriger ou d'anticiper, et n'exécuter que ce que les apprenants formulent, même s'ils se trompent.
Partie V.2.3 · Application
Mise en situation
Identifie l'erreur avant de révéler la réponse.
Situation n°1 — L'apprenant qui s'entraîne déjà
🤲 Pendant la DTR, un apprenant commence à mimer le geste de son côté avec le matériel qu'il a sous la main, pour "être prêt" quand viendra son tour.
Quel risque identifié dans la fiche s'est concrétisé, et que doit faire le formateur ?
Le risque apprenant : "pratiquer un nouveau geste pendant la démonstration".
Pendant la DTR (et la DCJ), les apprenants doivent observer et écouter en silence — pas s'entraîner en parallèle, ce qui divise l'attention et fait perdre le fil de la démonstration réelle.
Ajustement : rappeler la consigne d'observation avant de démarrer, et écarter le matériel superflu de portée immédiate pendant cette phase.
Situation n°2 — Le formateur qui corrige pendant la reformulation
🤖 En étape 3, un apprenant guide mal le formateur ("robot") sur l'ordre des gestes. Le formateur, au lieu de suivre l'instruction erronée, corrige immédiatement de lui-même et exécute le bon geste.
Quel principe de l'étape 3 n'a pas été respecté ?
Le formateur doit reproduire la technicité guidée par les participants, même en cas d'erreur — pas corriger spontanément.
En corrigeant lui-même, le formateur prive le groupe de l'occasion de voir concrètement les conséquences de son erreur de guidage, ce qui aurait été plus formateur qu'une correction silencieuse.
Ajustement : exécuter fidèlement ce qui est demandé (même erroné, si sans danger), puis faire ressortir l'écart lors du débriefing qui suit — c'est là que les risques et critères d'efficacité doivent être clarifiés.