Relevage : action qui consiste à placer une victime sur un brancard, directement ou à l'aide d'un dispositif particulier de relevage, afin d'assurer son déplacement (brancardage).
Cette action est réalisée après avoir soustrait la victime à la cause de sa détresse et l'avoir installée dans la position que nécessite son état.
L'application des techniques de relevage et de brancardage comporte des risques, notamment pour la victime, mais aussi pour le secouriste. Un bon entraînement et le respect des techniques évitent ou minimisent ces risques.
Les manœuvres de relevage et de brancardage doivent être pratiquées de manière coordonnée sous la conduite d'un chef et exigent la stabilité des secouristes et la sécurité de leurs mouvements.
Le brancardage est une épreuve inconfortable pour la victime. Pour en minimiser les effets :
Le chef se place préférentiellement à l'arrière : il coordonne la manœuvre et exerce une surveillance constante de la victime. Le commandement se fait en deux temps (ordre préparatoire puis ordre d'exécution), à haute et intelligible voix. Ex. : « Attention pour lever… Levez ».
Certains matériels aident à relever une victime sur une courte distance jusqu'au lieu où la pose sur le brancard est possible.
| Matériel | Caractéristiques / usage |
|---|---|
| Brancard pliant à compas sans têtière | Fond en toile ou toile plastifiée, hampes en bois ou métal, pliable dans le sens de la largeur. Peut être équipé de bretelles pour un brancardage à trois. |
| Brancard « principal » | Muni de roues, combinable à un chariot. Dossier (appui-tête) permettant la position demi-assise, zone thorax rigide pour la RCP, matelas de transport, appuis latéraux rabattables. Répond à la norme NF EN 1865. |
| Brancards « de catastrophe » | Plats, rigides, empilables, stockage et transport à vide sous faible volume. |
| Brancard pour aéronefs | Version plus étroite pour certains aéronefs sanitaires. |
| Chaise de transport | Pliante ou non, poignées sur cadre supérieur et barre inférieure. Répond à une difficulté de brancardage en étages, escaliers ou ascenseurs étroits. Utilisable si la victime peut tenir assise et ne présente aucune détresse. |
| Brancard cuillère | Deux parties glissées latéralement sous le blessé puis réunies. Cadre tubulaire (43 cm au niveau du tronc), lames incurvées, réglable en longueur, 3 sangles d'arrimage. Utilisé surtout pour relever et transférer vers un autre moyen ; peut recevoir des blocs de tête. |
| Alèse portoir | Rectangle de toile épaisse plastifiée, radiotransparente, poignées latérales (6 ou 8). Utilisée pour faire glisser le blessé d'un brancard à un autre ou vers un lit/table d'examen. Dispositif transitoire, ne constitue pas un plan dur. |
| Brancard Piguilem | Cadre tubulaire monté sur patins, plaque plastique facilitant le glissement. Adapté au treuillage ou au glissage (neige). Variante « Pigui 3 » en deux éléments. |
| Barquette | Dispositif rigide, bords sur les 4 côtés, sangles d'immobilisation, 4 anneaux pour élingues de treuillage/hélitreuillage. |
| Civières pour hélicoptères | Transfert nécessaire sur la civière de l'appareil pour les hélicoptères moyens/légers ; seuls les hélicoptères lourds acceptent les brancards normalisés. |
| Gouttière Bellisle (portoir corset) | Utilisée notamment sur bâtiments de la Marine nationale. Enveloppe souple rigidifiée par lamelles, contention de la victime dans toutes les positions, hissage vertical ou horizontal possible. |
Le plan dur et le matelas immobilisateur à dépression (MID) sont deux autres dispositifs de portage couramment utilisés, détaillés dans les modules dédiés au traumatisme du rachis.
Les brancards ou dispositifs de portage sont prévus pour des victimes de corpulence courante. Au-delà du poids maximum indiqué par le fabricant, il faut faire appel à des services dotés de dispositifs « bariatriques ».
Indication : aider un blessé léger qui peut maintenir la station debout à marcher sur quelques mètres.
Justification : déplacer une victime qui peut temporairement garder la station debout vers une zone calme ou un abri.
À un secouriste (victime capable de porter son propre poids) :
À deux secouristes (victime avec difficultés à se tenir debout seule) : même technique, un secouriste de chaque côté.
⚠️ Ne jamais utiliser si la victime est suspecte d'un traumatisme de la colonne vertébrale ou des membres inférieurs.
Indication : victime sans détresse ou atteinte grave, pouvant supporter la position assise.
Justification : répondre à une difficulté réelle de brancardage en étages, dans des escaliers ou ascenseurs étroits.
Réalisation (après installation et arrimage de la victime sur la chaise) :
Franchissement d'un obstacle ou escalier — organisation à 3 :
Le verrouillage de la chaise et l'arrimage de la victime sont vérifiés avant la manœuvre. Dès que possible, la chaise est placée à côté du brancard pour le transfert.
Indication : victime non valide, non suspecte d'un traumatisme de la colonne vertébrale ou des membres, à déplacer sur quelques mètres.
Par saisie des extrémités (à 2, espace étroit) : secouriste 1 accroupi derrière le dos, avant-bras sous les aisselles, saisit les poignets opposés ; secouriste 2 accroupi entre les jambes, bras sous les genoux. Commandement : « Êtes-vous prêt ? » → « Avancez ! » → « Halte ! Attention pour poser… Posez ! ».
Chaise à mains (à 2) : chaque secouriste passe un avant-bras derrière le dos de la victime en saisissant l'épaule de l'autre secouriste, et l'autre avant-bras sous les genoux en agrippant les poignets de l'autre (ou un anneau de toile). La victime place ses bras autour du cou des secouristes.
À l'aide d'une chaise d'ameublement (à 2) : secouriste 1 accroupi derrière le dossier, bascule doucement la chaise en arrière après avoir prévenu la victime ; secouriste 2 accroupi entre les pieds avant, saisit l'extrémité des pieds. Les deux se relèvent simultanément sur commandement.
⚠️ Ne jamais utiliser ces techniques si la victime est suspecte d'un traumatisme de la colonne vertébrale ou des membres.