Toute opération de secours débute par la prise en compte d'une alerte par un centre opérationnel.
Étape clé de la gestion de l'opération, la prise d'appel permet de prendre les premières décisions sans avoir vu l'évènement. Ce premier contact avec le requérant peut initier des actions favorables pour la suite (gestes de premiers secours, fermeture de porte lors d'un incendie…).
L'attitude, le comportement et l'engagement de l'opérateur constituent des préalables indispensables à la réussite des missions. Il s'agit d'identifier par l'écoute active les premiers signes de la détresse rencontrée.
Objectifs principaux : identifier la pertinence de l'appel et le service concerné, localiser et envoyer les engins adaptés dans des délais compatibles avec l'urgence, conseiller le requérant (sécurité, gestes de premiers secours).
Le CTA doit comprendre et analyser la problématique « en aveugle » : l'opérateur identifie des signaux faibles pour construire et affiner son analyse. Il peut s'appuyer sur des outils d'aide à la décision et sur des expertises complémentaires (conseillers techniques d'unités spécialisées).
Avant l'arrivée du premier engin, la coordination reste confiée au centre opérationnel, qui peut compléter les moyens déjà engagés selon les renseignements reçus. Le CODIS peut fixer ou proposer les points de transit (PT), points de regroupement des moyens (PRM), et l'éventuelle zone de déploiement initiale (ZDI).
L'alerte des autres acteurs : dès l'engagement des premiers moyens, une coordination interservices se met en place (CRRA 15, CORG, police-secours…). En cas d'appel avec notion de fusillade, explosion ou attentat, les informations doivent être croisées entre les centres de réception d'appels avant même l'engagement.
Maintien : déplacement/redéploiement de moyens pour couvrir une aire temporairement démunie, quand la couverture n'est plus assurée sur une durée significative. Trois formes : renfort en personnels pour reconstituer le potentiel fixé par le RO, glissement de véhicules non armés, glissement de véhicules armés en effectif.
Renforcement : complète le dispositif si un risque exceptionnel est identifié (météo défavorable, événement sociétal, grand rassemblement…) — ponctuel et localisé.
Les renforts sont envoyés à la demande d'un engin en transit, à la demande du COS (justifiée, qualifiée, quantifiée), ou par anticipation du centre opérationnel/chaîne de commandement.
Ils peuvent être départementaux, zonaux, nationaux ou internationaux, et proviennent du SIS concerné ou de départements/zones/pays limitrophes via conventions. Les demandes de renfort : zonal → COZ ; national → COZ vers COGIC (moyens préventifs ou curatifs) ; international → accords bilatéraux, MPCU, ou conventions frontalières. Toute demande vers le COZ doit faire figurer l'effet à obtenir.
La durée et l'intensité de l'engagement du personnel imposent d'organiser des relèves. Il appartient au COS et à toute la chaîne de soutien (officier sécurité, SSSM, chef de secteur) de déceler les signes avant-coureurs d'une situation dégradée et de fixer la fréquence des relèves.
La relève doit, dans la mesure du possible, concerner des équipes entières et non des individus isolés, pour préserver la cohésion des hommes et des secteurs.