Les désordres opérationnels sont tous les évènements non souhaités pouvant agir sur l'organisation et la conduite d'une opération — d'ordre organisationnel, humain ou technique.
Accident de VIS, embouteillage, obstacle : le chef d'agrès demande l'engagement d'un autre vecteur en précisant le secteur à éviter. La consignation du message sur la main-courante justifie un éventuel retard en cas de contentieux. En cas de gêne manifeste (stationnement illicite, attroupement), il fait remonter l'information au CODIS pour un éventuel dépôt de plainte.
Face aux outrages et menaces, le COS évalue le risque d'accomplir la mission dans sa totalité ; s'il est trop important, il prend les mesures de sauvegarde du personnel et demande simultanément les forces de l'ordre. Face à l'agression physique, la fuite est privilégiée à l'affrontement. Systématiser les dépôts de plainte permet d'éviter la banalisation. Les agents publics bénéficient d'une protection organisée par leur collectivité (art. 11, loi du 13-07-1983).
Réponse préparée en lien avec les forces de sécurité : renforcement des secours, point de rendez-vous adapté, méthodes d'extinction permettant une extraction rapide, règles d'engagement favorisant le sens du départ, renforcement du matériel (filmage des vitres).
Situation à anticiper pour limiter l'impact de la déstabilisation (effet tunnel). Le centre opérationnel reprend la main sur l'évènement selon cinq principes :
La place du chef est aux côtés de ses hommes sur le terrain : il reste l'élément de repère et garant de l'information transmise.
Lorsque les secours ne sont plus en capacité humaine et matérielle de poursuivre la mission, le risque est de basculer d'une situation de secours classique vers une situation de crise. Le centre opérationnel reprend la main en envoyant les moyens nécessaires pour traiter l'opération et prendre en compte les sapeurs-pompiers impactés.
La priorité reste de porter secours, tout en ménageant les investigations ultérieures : identifier un cheminement unique, protéger la zone par balisage, engager le personnel strictement nécessaire, se rappeler l'état des accès à l'arrivée, prendre des photos si nécessaire. Sont proscrits : fumer/boire/manger/cracher, toucher un corps ou des objets avant l'arrivée des enquêteurs, encombrer la zone, aérer les locaux.
Pour toute découverte répréhensible (maltraitance, radicalisation, travail dissimulé…), l'article 40 du code de procédure pénale impose d'aviser sans délai le procureur de la République. Le COS demande l'intervention des forces de l'ordre et/ou renseigne le SAMU, sans perdre de vue la priorité initiale.
Une intervention impliquant des personnalités peut prendre un caractère médiatique fort : le devoir de discrétion professionnelle est renforcé, la remontée d'information doit être adaptée. En contexte sensible ou hostile (prison, lieu de culte, zone urbaine sensible), le COS peut décider de déplacer la prise en charge des victimes vers un lieu sécurisé si la situation le permet.