Source : GDO Interventions en présence de gaz, DGSCGC, 1re édition, 12-2021
🎯 Un risque permanent à rechercher
En présence d'un gaz, le risque existe dès lors que ce gaz est présent dans des proportions significatives qui lui sont propres, que ce soit à l'intérieur d'un volume ou en extérieur. La survenue d'un accident est difficilement prévisible. Une atmosphère explosive, toxique ou appauvrie en oxygène doit donc être l'une des préoccupations de chacun des intervenants, et recherchée en permanence.
💥 Déflagration ou détonation
Lors d'une intervention en présence d'un gaz inflammable, le risque principal est l'inflammation, communément appelée « explosion ». Les explosions se classent selon la vitesse de l'onde qu'elles engendrent :
déflagration : combustion rapide se traduisant par une onde de surpression dans l'atmosphère, à une vitesse supérieure à 340 m/s dans l'air ;
détonation : réaction de décomposition extrêmement rapide engendrant une onde de surpression dans la substance elle-même, à une vitesse comprise entre 2 000 et 9 000 m/s dans l'air.
5️⃣ Les 5 conditions de l'explosion
Cinq conditions doivent être réunies simultanément pour qu'une explosion ait lieu :
présence d'un gaz combustible ou de vapeurs de liquides inflammables ;
présence d'un comburant (en général l'oxygène de l'air) ;
présence d'une source d'inflammation ;
obtention d'une plage d'explosivité (domaine de concentrations du combustible dans l'air à l'intérieur duquel les explosions sont possibles) ;
confinement suffisant.
💡 Le confinement n'est pas une condition indispensable, mais un facteur aggravant du phénomène d'explosion et des risques associés. En son absence, on obtient un phénomène de combustion rapide avec des flammes importantes, mais généralement sans effet de pression notable.
⚡ Les facteurs déclencheurs possibles
source d'inflammation fortuite (enclenchement du chauffage, allumage de l'éclairage, sonnerie…) ou intentionnelle (suicide, attentat) ;
échauffement trop important (surpression) ;
refroidissement trop rapide (choc thermique) ;
choc mécanique ;
apport brusque de comburant.
Les dégâts occasionnés, fonction de la vitesse de l'onde de surpression (exprimée en Pascal ou en bar), dépendent principalement du combustible (nature, quantité…), de la qualité du mélange comburant/combustible, et du niveau de confinement offert par le local ou l'enceinte.
📊 Seuils de surpression : effets sur l'homme et les structures
Surpression
Effets sur l'homme
Effets sur les structures
20 hPa/mbar
Seuil des effets irréversibles (bris de vitre)
Seuil des destructions significatives de vitres
50 hPa/mbar
Seuil des effets irréversibles, dangers significatifs pour la vie humaine
Seuil des dégâts légers
140 hPa/mbar
Seuil des premiers effets létaux, dangers graves
Seuil des dégâts graves
200 hPa/mbar
Seuil des effets létaux significatifs, dangers très graves
Seuil des effets dominos
300 hPa/mbar
—
Seuil des dégâts très graves
⚠️ Ces phénomènes peuvent être accompagnés, suivant les circonstances, de projections de matériaux (éclats métalliques, terre, pierres…) : c'est « l'effet missiles ».
Partie 2 · Grille de lecture
Évaluer le risque d'explosion sur intervention
Repères pour l'analyse rapide de la situation
✅ Vérifier les 5 conditions avant d'agir
1 Combustible (gaz/vapeurs) présent ?
2 Comburant (oxygène de l'air) présent ?
3 Source d'inflammation identifiable ou potentielle ?
4 Concentration dans la plage d'explosivité (entre LIE et LSE) ?
5 Confinement du local — facteur aggravant à évaluer, pas condition indispensable
✅ Neutraliser les facteurs déclencheurs
1 Ne jamais actionner un interrupteur, une sonnerie ou un appareil électrique en zone suspecte
2 Éviter tout choc mécanique ou variation brutale de température sur les contenants
3 Anticiper un apport brusque de comburant (ouverture non maîtrisée, ventilation incontrôlée)
⚠️ Dès 50 hPa/mbar, le seuil de danger significatif pour la vie humaine est atteint. Dès 200 hPa/mbar, un effet domino sur les structures environnantes est possible : élargir le périmètre de sécurité en conséquence.