Les services d'incendie et de secours peuvent être confrontés à : une fuite non enflammée sur une bouteille ; une fuite enflammée sur une bouteille ; une bouteille soumise à un incendie ou exposée à la chaleur ; une bouteille ayant subi un choc physique violent.
Dans tous les cas, une phase de reconnaissance doit permettre une prise : de renseignements (type de bouteille, nombre, lieu de stockage, état, signes de dommages, retour de flamme, contact direct avec une flamme, niveau de remplissage…) ; de mesures de température ; de relevés d'explosivité du milieu.
Les sapeurs-pompiers en charge de la manipulation doivent rester vigilants et porter une attention toute particulière à : la déformation de la bouteille ; la présence d'une fuite à un autre endroit qu'au niveau de la sortie de robinetterie ; l'aspect noir ou fondu des accessoires fixés sur la bouteille, indiquant une exposition prolongée à la chaleur ou à un incendie (robinets, étiquettes, marquage de la peinture, décoloration de la résine, etc.).
L'itinéraire de déplacement et l'endroit de dépose de la bouteille devront être préalablement reconnus.
Ces mesures s'appliquent aux bouteilles ayant conservé leur intégrité physique (pas de choc ni exposition à la chaleur/au feu). Il faut différencier fuite enflammée et non enflammée.
Fuite non enflammée : la fermeture du robinet suffit à stopper la fuite. Si le robinet est défectueux ou si la fuite ne provient pas de la sortie du robinet, ne pas intervenir sur la bouteille et la laisser se vidanger totalement. Si la bouteille se trouve dans un local non ventilable, envisager de la déplacer à l'air libre en respectant les précautions de manipulation.
Fuite enflammée : ne pas déplacer la bouteille ; assurer la protection de l'environnement soumis au flux thermique ; s'assurer que le robinet est en état de fonctionner (pas de choc/déformation) ; fermer le robinet ; contrôler la température à la caméra thermique.
S'il n'est pas possible de manœuvrer le robinet, n'engager que le personnel strictement nécessaire et correctement protégé, jusqu'à la vidange complète de la bouteille.
C'est l'une des situations opérationnelles les plus dangereuses. Signes annonciateurs à surveiller : fumées noires s'échappant de la bouteille ; étiquettes brûlées ; rondelle plastique des ré-épreuves périodiques fondue ; peinture du corps cloquée ; déformation visible ; présence de vapeur d'eau ; surface qui sèche rapidement lorsqu'on y applique de l'eau.
Vérification de la température des parois par imagerie thermique (caméra ou pyromètre laser). Le refroidissement est efficace si la température relevée est égale à la température ambiante et se maintient dans le temps.
En l'absence de ce matériel, observer la réaction de l'eau projetée : surface qui reste mouillée → bouteille froide ; eau qui s'évapore au contact → danger, refroidissement insuffisant.
Durée de refroidissement minimum : 1 heure. Si à l'issue la paroi sèche ou si sa température augmente, il faut relancer une phase de refroidissement d'une heure. L'immersion dans un bac d'eau à l'extérieur reste toujours possible (le gaz n'est pas piégé dans l'eau) : ce procédé refroidit tout en permettant de vérifier l'étanchéité (bullage en cas de fuite).
Une fois le refroidissement efficace, une phase de surveillance d'au moins 1 heure est nécessaire (risque de réapparition d'une décomposition interne) : ne pas déplacer la bouteille, maintenir le périmètre, contrôler la température toutes les 15 minutes — elle doit rester à température ambiante.
Si la température reste ambiante pendant 1 heure sans refroidissement à l'eau, tout risque d'éclatement est écarté. La bouteille peut alors être mise à l'abri, dans un lieu permettant son contrôle visuel, avant prise en charge par un établissement spécialisé.
Toute bouteille peut devenir dangereuse dès lors qu'elle a subi un choc mécanique : elle peut se comporter comme une « fusée » et entraîner blessures et dommages, ou rejeter du gaz à pression élevée. Signes annonciateurs : déformation, signes de gonflement/dépression, chocs marqués par une large zone à l'aspect dépoli/délaminé ou aux fibres atteintes ; fuite apparente ailleurs qu'au robinet ; déformation ou signe de fragilité du robinet.
Dans la mesure du possible, isoler la bouteille à l'air libre sous la surveillance de son propriétaire, et lui demander d'appeler les prestataires compétents (société spécialisée ou exploitant).