L'évolution de la situation des interventions en présence de gaz est incertaine. Le danger principal est la fuite de gaz. L'anticipation du COS est impérative. L'action des secours doit viser à prévenir le risque d'explosion, et à limiter les dégâts et dommages si l'explosion se produit malgré tout.
Les reconnaissances représentent toujours une phase très importante et sensible, dans la mesure où le risque et ses conséquences ne sont pas encore clairement définis. Les principes décrits ici constituent un fil conducteur : ils seront adaptés à la situation et ne se substituent pas à la doctrine opérationnelle en vigueur dans chaque SIS.
Elle permet d'estimer, localiser et délimiter le risque. Le COS doit rapidement avoir une vision la plus globale possible : contact avec le requérant et/ou l'opérateur gaz s'il est présent. La qualité du renseignement dépend de la qualité de la source. Informations recherchées : réseau/installation/type de réservoir concerné, type d'incident et circonstances (travaux, vétusté, manipulation…), localisation de l'événement, organes de coupure manœuvrables par les sapeurs-pompiers.
Le COS va ensuite : déceler tout ce qui peut être à l'origine d'une explosion ; étudier les mesures pour supprimer/réduire ce risque ; évaluer l'étendue des dommages possibles (humains et matériels) ; être en mesure d'intervenir immédiatement si l'explosion se produit (secours aux victimes, extinction des incendies consécutifs, étaiements).
Les phénomènes associés à une fuite de gaz (canalisation ou stockage) dépendent principalement de : le débit de fuite, le confinement, la présence d'une source d'ignition.
L'effet recherché : figer le risque dans l'état et les dimensions qu'il avait à l'arrivée des secours. Généralement, il suffit d'arrêter la fuite en agissant sur un organe de coupure (si la manœuvre est autorisée aux sapeurs-pompiers) ou sur le robinet d'une bouteille (si les conditions de sécurité sont réunies). Quand la convention le prévoit, les sapeurs-pompiers peuvent procéder à l'écrasement d'un branchement en PE.
Il faut aussi éviter de modifier brusquement et de façon non voulue la situation : courants d'air involontaires, étincelles lors de chocs/frictions en déplaçant des objets, manœuvre d'appareils électriques.
Afin de limiter le risque d'explosion, selon la cinétique de l'intervention et surtout l'analyse bénéfices/risques, le COS peut commander l'isolement électrique du bâtiment ou de la rue concernée. Des dispositions locales entre le SIS et l'exploitant du réseau électrique peuvent permettre un renfort systématique du service partenaire.
S'il s'agit d'une fuite de gaz enflammée, il convient de ne pas chercher à éteindre la fuite si l'on n'est pas certain de pouvoir l'arrêter, et de mettre en œuvre des moyens pour limiter les propagations.
L'effet recherché : supprimer le risque pour revenir à la situation antérieure. L'arrêt de la fuite ne suffit pas à supprimer le risque d'explosion : il est nécessaire de ventiler tous les locaux et bâtiments concernés jusqu'à disparition complète du danger.
Deux types de ventilation : naturelle (à rechercher dans la majorité des cas, surtout petites fuites : aérer en ouvrant fenêtres/portes) ; mécanique (uniquement avec moyens antidéflagrants, généralement en aspiration pour maîtriser les flux — à entreprendre seulement après suppression de toute cause de déclenchement possible d'une explosion).