← Catalogue
Les principes opérationnels
Chapitre 5 · Module 2/5
Sapeurs-Pompiers Sedan · eulfab.fr
Progression 0%
Comprendre
Agir
QCM
Chapitre 5 · §2 (2.1-2.3)
Les principes opérationnels
Source : GDO Interventions en présence de gaz, DGSCGC, 1re édition, 12-2021

🎯 Un fil conducteur, à adapter

L'évolution de la situation des interventions en présence de gaz est incertaine. Le danger principal est la fuite de gaz. L'anticipation du COS est impérative. L'action des secours doit viser à prévenir le risque d'explosion, et à limiter les dégâts et dommages si l'explosion se produit malgré tout.

Les reconnaissances représentent toujours une phase très importante et sensible, dans la mesure où le risque et ses conséquences ne sont pas encore clairement définis. Les principes décrits ici constituent un fil conducteur : ils seront adaptés à la situation et ne se substituent pas à la doctrine opérationnelle en vigueur dans chaque SIS.

🔍 §2.1 · L'analyse de la situation

Elle permet d'estimer, localiser et délimiter le risque. Le COS doit rapidement avoir une vision la plus globale possible : contact avec le requérant et/ou l'opérateur gaz s'il est présent. La qualité du renseignement dépend de la qualité de la source. Informations recherchées : réseau/installation/type de réservoir concerné, type d'incident et circonstances (travaux, vétusté, manipulation…), localisation de l'événement, organes de coupure manœuvrables par les sapeurs-pompiers.

Le COS va ensuite : déceler tout ce qui peut être à l'origine d'une explosion ; étudier les mesures pour supprimer/réduire ce risque ; évaluer l'étendue des dommages possibles (humains et matériels) ; être en mesure d'intervenir immédiatement si l'explosion se produit (secours aux victimes, extinction des incendies consécutifs, étaiements).

📊 Les 3 facteurs déterminants

Les phénomènes associés à une fuite de gaz (canalisation ou stockage) dépendent principalement de : le débit de fuite, le confinement, la présence d'une source d'ignition.

🗺️ Ce que permettent les informations recueillies

  • établir le périmètre de sécurité « a priori », ensuite affiné par un réseau de mesures relevé régulièrement dans la zone d'exclusion et en limite de celle-ci ;
  • demander l'intervention de moyens de renfort (SIS, services publics…) ;
  • anticiper une évolution défavorable en établissant les moyens hydrauliques adaptés, maintenus à l'abri des effets d'une explosion (dans la mesure du possible à la limite de la zone d'exclusion) — ces moyens pourront aussi servir en secours d'urgence aux personnes en cas d'accident.
💡 Les phénomènes d'une fuite de gaz ne sont pas toujours visibles : il peut être nécessaire d'avoir recours à la thermographie (caméra thermique, drone équipé) pour visualiser une fuite grâce au flux thermique, notamment lorsque le bruit seul ne permet pas de la localiser.

🧊 §2.2 · La stabilisation de la situation

L'effet recherché : figer le risque dans l'état et les dimensions qu'il avait à l'arrivée des secours. Généralement, il suffit d'arrêter la fuite en agissant sur un organe de coupure (si la manœuvre est autorisée aux sapeurs-pompiers) ou sur le robinet d'une bouteille (si les conditions de sécurité sont réunies). Quand la convention le prévoit, les sapeurs-pompiers peuvent procéder à l'écrasement d'un branchement en PE.

Il faut aussi éviter de modifier brusquement et de façon non voulue la situation : courants d'air involontaires, étincelles lors de chocs/frictions en déplaçant des objets, manœuvre d'appareils électriques.

⚠️ Tout départ pour fuite de gaz avérée ou potentielle comporte toujours un risque. Les sapeurs-pompiers doivent éteindre tous les terminaux portatifs et mobiles en dehors de la zone contrôlée.

⚡ Isolement électrique

Afin de limiter le risque d'explosion, selon la cinétique de l'intervention et surtout l'analyse bénéfices/risques, le COS peut commander l'isolement électrique du bâtiment ou de la rue concernée. Des dispositions locales entre le SIS et l'exploitant du réseau électrique peuvent permettre un renfort systématique du service partenaire.

S'il s'agit d'une fuite de gaz enflammée, il convient de ne pas chercher à éteindre la fuite si l'on n'est pas certain de pouvoir l'arrêter, et de mettre en œuvre des moyens pour limiter les propagations.

✅ §2.3 · La maîtrise de la situation

L'effet recherché : supprimer le risque pour revenir à la situation antérieure. L'arrêt de la fuite ne suffit pas à supprimer le risque d'explosion : il est nécessaire de ventiler tous les locaux et bâtiments concernés jusqu'à disparition complète du danger.

Deux types de ventilation : naturelle (à rechercher dans la majorité des cas, surtout petites fuites : aérer en ouvrant fenêtres/portes) ; mécanique (uniquement avec moyens antidéflagrants, généralement en aspiration pour maîtriser les flux — à entreprendre seulement après suppression de toute cause de déclenchement possible d'une explosion).

⚠️ Lorsque l'atmosphère initiale est non explosive car saturée en gaz (au-delà de la LSE), la ventilation fera systématiquement repasser le mélange gazeux par la plage d'explosibilité.
💡 L'équilibre aéraulique est instable : la concentration en gaz peut rapidement passer d'une atmosphère non explosive à une atmosphère explosive. Des contrôles doivent être régulièrement effectués. Avant de clore une intervention, il est impératif de réaliser un dernier relevé de mesures près de la source de la fuite, mais aussi dans les différents cheminements confinés qu'aurait pu emprunter le gaz.
Partie 2 · Grille de lecture
Conduire les 3 phases : analyser, stabiliser, maîtriser
Repères pour le COS

✅ Analyser (§2.1)

  • 1 Contact rapide requérant + opérateur gaz si présent
  • 2 Identifier les 3 facteurs clés : débit de fuite, confinement, source d'ignition
  • 3 En cas de fuite non localisable au bruit/à l'œil : envisager thermographie (caméra, drone)

✅ Stabiliser (§2.2)

  • 1 Couper au niveau d'un organe autorisé ou robinet de bouteille si conditions réunies
  • 2 Éviter tout changement brusque non maîtrisé (courant d'air, choc, appareil électrique)
  • 3 Terminaux portatifs/mobiles éteints hors zone contrôlée, systématiquement
  • 4 Fuite enflammée : ne jamais tenter de l'éteindre sans certitude de pouvoir l'arrêter

✅ Maîtriser (§2.3)

  • 1 Ventilation naturelle par défaut, surtout petites fuites
  • 2 Ventilation mécanique : uniquement antidéflagrante, après suppression de toute source d'inflammation possible
  • 3 Contrôles réguliers : l'équilibre aéraulique peut basculer à tout moment
  • 4 Dernier relevé impératif avant de clore, y compris dans les cheminements confinés
⚠️ Une atmosphère « saturée » (au-delà de la LSE, donc non explosive en l'état) n'est pas une situation sûre : toute ventilation la fera systématiquement repasser par la plage d'explosibilité. Ne jamais ventiler sans avoir anticipé ce passage obligé par la zone de danger.
Partie 3 · Validation
QCM — Réponses multiples possibles
Coche toutes les bonnes réponses, puis valide.
🏅
Formation terminée