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Les risques associés aux bouteilles
Chapitre 2 · Module 5/6
Sapeurs-Pompiers Sedan · eulfab.fr
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Chapitre 2 · §5 (5.1-5.4)
Les risques associés aux bouteilles
Source : GDO Interventions en présence de gaz, DGSCGC, 1re édition, 12-2021

⚠️ Un risque commun à toutes les bouteilles

Quel que soit le gaz contenu (inflammable, toxique, comburant, asphyxiant…), les bouteilles de gaz sont dangereuses lorsqu'elles sont soumises au feu et/ou à une chaleur excessive. Une exposition excessive peut réduire l'intégrité d'une bouteille et, dans les cas extrêmes, entraîner son éclatement.

Les bouteilles peuvent contenir un produit sous 3 formes : gaz liquéfié (butane, propane, ammoniac…), gaz comprimé (air respirable, hydrogène, méthane, azote…), gaz dissous (acétylène).

Les sapeurs-pompiers sont couramment confrontés à des bouteilles de gaz lors d'incendies de bâtiments (habitations, garages, industriels…), d'installations précaires (chantiers, dépôts de déchets), ou de véhicules (tourisme, caravanes, camping-cars, bateaux).

⚠️ Une bouteille soumise au feu peut éclater à cause de l'augmentation de pression liée à l'élévation de température — y compris les bouteilles équipées de dispositifs de sécurité, qui peuvent ne pas se déclencher suffisamment tôt dans des conditions extrêmes. Pour les gaz inflammables, la flamme s'échappant d'un disque de rupture ou d'une soupape peut dépasser 10 mètres.

🔥 §5.1 · Les bouteilles de GPL (plus de 50 millions en France)

  • Acier léger (ex. Primalight) : soupape de sécurité tarée à 27 bar. Testée au feu en position verticale, elle n'a pas éclaté ; couchée, la soupape n'a pas empêché l'éclatement mais a limité les effets missiles. Plus distribuées depuis 2010, mais encore rencontrées ;
  • Composite : se dilate très faiblement (2 à 3 %). Au feu, l'enveloppe devient poreuse : le gaz fuit à travers et alimente l'incendie ;
  • « Cube » : comportement sécurisant au feu, grâce à la dégradation intrinsèque des matériaux et à la rapidité de déclenchement de son fusible thermique ;
  • SHESHA (nouvelle génération) : deux ogives métalliques pouvant éclater et se projeter à plusieurs mètres si exposées aux flammes. Soupape d'expansion thermique s'ouvrant à ~25 bar (jet torche intermittent de 2 à 4 m), associée à un fusible thermique à 110 °C.

🌡️ Le fusible thermique

Pour les bouteilles équipées d'un fusible thermique, celui-ci se déclenche à une température tarée selon le gaz : pour l'hydrogène, entre 100 et 120 °C. Il permet une vidange rapide de la bouteille pour éviter son éclatement ; le rejet peut se faire verticalement ou horizontalement.

⚠️ En opération, il faut systématiquement considérer que les bouteilles de gaz exposées au sinistre ne sont PAS dotées d'un dispositif de sécurité fonctionnel, en prenant en compte les dangers potentiels d'un déclenchement intempestif du fusible (flux thermique).

💨 §5.2 · Les bouteilles de gaz comprimé

Les pressions élevées auxquelles sont soumises les bouteilles de gaz comprimé représentent un risque. Un choc sur une bouteille, et plus particulièrement sur son robinet, peut entraîner : une fuite due à la défectuosité du robinet/dispositif de sécurité, un comportement de type « fusée » (bouteille propulsée par jet de gaz haute pression suite à rupture du robinet), un éclatement de la bouteille, ou la projection/propulsion du détendeur.

🧯 Le « coup de feu » sur les bouteilles d'oxygène

Ce phénomène se produit lors de l'ouverture rapide ou d'ouvertures successives répétées du robinet, par compression adiabatique (sans échange de chaleur). L'oxygène, comburant, remplit entièrement le détendeur, provoquant une suroxygénation du milieu. L'ouverture rapide entraîne une augmentation rapide de la pression, donc de la température, échauffant le détendeur.

Les contaminants présents (traces de graisse, huile, poussières, particules, joints non compatibles, mains sales…) jouent alors le rôle de combustibles : toutes les conditions sont réunies pour une inflammation interne du détendeur, pouvant percer son corps et provoquer une projection brutale de flammes, voire de métal fondu, à très hautes températures.

⚠️ Une bouteille d'oxygène ne doit jamais être manipulée ou stockée en présence ou à proximité d'un corps gras.

💥 §5.3 · Les bouteilles d'acétylène

L'acétylène est instable : il peut se décomposer spontanément de façon explosive. Ce phénomène croît avec la pression, mais dépend aussi de la température, de la forme et des dimensions du récipient, et de la présence d'une source de chaleur/inflammation. La décomposition peut aussi se produire lorsque la bouteille est utilisée ou vidangée en position couchée.

Les bouteilles d'acétylène peuvent subir des chocs : ceux-ci n'entraînent pas de décomposition, mais peuvent créer des fuites (au robinet ou par enfoncement de la bouteille elle-même).

⚠️ La décomposition spontanée de l'acétylène intervient dès lors qu'une bouteille est soumise à une température supérieure à 65 °C.

⚛️ §5.4 · L'hydrogène : des risques maîtrisés mais en évolution

Contrairement à d'autres « nouvelles énergies », les risques de la filière hydrogène (production, transport, stockage) sont maîtrisés : législation, normes et protocoles de sécurité sont institués à l'échelle nationale. Mais la démocratisation de l'usage de l'H₂, au-delà des pôles industriels connus et encadrés, pousse à réévaluer les risques induits.

L'hydrogène est un gaz extrêmement léger, occupant un volume important à pression atmosphérique, ayant tendance à monter et à se diluer très vite dans l'air en milieu ouvert. Il est incolore, inodore et non corrosif.

💨 Conditions du risque explosion/inflammation de l'H₂

L'hydrogène présente des risques importants d'explosion (rappel : stocké à 700 bar à l'état gazeux) et d'inflammation, sous réserve de réunir plusieurs conditions :

  • concentration dans l'air entre 4 % et 75 % (à pression/température ambiante) : rarement atteinte en milieu ouvert (dilution rapide), mais possible en milieu confiné par accumulation ;
  • source d'énergie suffisante : l'énergie minimale d'inflammation de l'hydrogène (17 µJ/mol) est bien plus faible que celle de l'essence (240 µJ/mol) — une simple décharge électrostatique humaine peut suffire.

La flamme de combustion de l'hydrogène atteint environ 2 000 °C ; incolore, elle est quasiment invisible, ce qui complique fortement l'appréciation des opérations de secours en présence d'H₂.

💡 L'hydrogène présente aussi des caractéristiques avantageuses : faible rayonnement de flamme (limite la propagation par rayonnement thermique), absence de toxicité (contact/inhalation), diffusion élevée (4 fois plus vite que le gaz naturel, 12 fois plus vite que les vapeurs d'essence), ce qui réduit les risques d'accumulation explosive.
Partie 2 · Grille de lecture
Face à une bouteille de gaz exposée au feu
Réflexes par type de bouteille

✅ Principe général

  • 1 Considérer systématiquement qu'une bouteille exposée n'a PAS de dispositif de sécurité fonctionnel
  • 2 Anticiper une flamme de plus de 10 m si disque de rupture/soupape se déclenche
  • 3 Un choc mécanique peut créer une fuite même sans décomposition (cas acétylène)

✅ Spécificités par gaz/bouteille

  • 1 GPL composite : devient poreuse au feu, alimente l'incendie plutôt que d'éclater franchement
  • 2 GPL « cube »/SHESHA : comportement plus prévisible (fusible thermique), mais SHESHA peut projeter ses ogives à plusieurs mètres
  • 3 Oxygène : jamais de manipulation/stockage à proximité d'un corps gras ; ne jamais ouvrir le robinet rapidement ou par à-coups (coup de feu)
  • 4 Acétylène : au-delà de 65°C, décomposition spontanée possible — traiter le refroidissement en priorité
  • 5 Hydrogène : flamme quasi invisible (~2000°C) — ne jamais présumer l'absence de flamme par simple observation visuelle
⚠️ Face à une flamme d'hydrogène, quasiment incolore et invisible à l'œil nu, utiliser une caméra thermique ou tout moyen de détection adapté plutôt que de se fier à l'observation directe.
Partie 3 · Validation
QCM — Réponses multiples possibles
Coche toutes les bonnes réponses, puis valide.
🏅
Formation terminée