Quel que soit le gaz contenu (inflammable, toxique, comburant, asphyxiant…), les bouteilles de gaz sont dangereuses lorsqu'elles sont soumises au feu et/ou à une chaleur excessive. Une exposition excessive peut réduire l'intégrité d'une bouteille et, dans les cas extrêmes, entraîner son éclatement.
Les bouteilles peuvent contenir un produit sous 3 formes : gaz liquéfié (butane, propane, ammoniac…), gaz comprimé (air respirable, hydrogène, méthane, azote…), gaz dissous (acétylène).
Les sapeurs-pompiers sont couramment confrontés à des bouteilles de gaz lors d'incendies de bâtiments (habitations, garages, industriels…), d'installations précaires (chantiers, dépôts de déchets), ou de véhicules (tourisme, caravanes, camping-cars, bateaux).
Pour les bouteilles équipées d'un fusible thermique, celui-ci se déclenche à une température tarée selon le gaz : pour l'hydrogène, entre 100 et 120 °C. Il permet une vidange rapide de la bouteille pour éviter son éclatement ; le rejet peut se faire verticalement ou horizontalement.
Les pressions élevées auxquelles sont soumises les bouteilles de gaz comprimé représentent un risque. Un choc sur une bouteille, et plus particulièrement sur son robinet, peut entraîner : une fuite due à la défectuosité du robinet/dispositif de sécurité, un comportement de type « fusée » (bouteille propulsée par jet de gaz haute pression suite à rupture du robinet), un éclatement de la bouteille, ou la projection/propulsion du détendeur.
Ce phénomène se produit lors de l'ouverture rapide ou d'ouvertures successives répétées du robinet, par compression adiabatique (sans échange de chaleur). L'oxygène, comburant, remplit entièrement le détendeur, provoquant une suroxygénation du milieu. L'ouverture rapide entraîne une augmentation rapide de la pression, donc de la température, échauffant le détendeur.
Les contaminants présents (traces de graisse, huile, poussières, particules, joints non compatibles, mains sales…) jouent alors le rôle de combustibles : toutes les conditions sont réunies pour une inflammation interne du détendeur, pouvant percer son corps et provoquer une projection brutale de flammes, voire de métal fondu, à très hautes températures.
L'acétylène est instable : il peut se décomposer spontanément de façon explosive. Ce phénomène croît avec la pression, mais dépend aussi de la température, de la forme et des dimensions du récipient, et de la présence d'une source de chaleur/inflammation. La décomposition peut aussi se produire lorsque la bouteille est utilisée ou vidangée en position couchée.
Les bouteilles d'acétylène peuvent subir des chocs : ceux-ci n'entraînent pas de décomposition, mais peuvent créer des fuites (au robinet ou par enfoncement de la bouteille elle-même).
Contrairement à d'autres « nouvelles énergies », les risques de la filière hydrogène (production, transport, stockage) sont maîtrisés : législation, normes et protocoles de sécurité sont institués à l'échelle nationale. Mais la démocratisation de l'usage de l'H₂, au-delà des pôles industriels connus et encadrés, pousse à réévaluer les risques induits.
L'hydrogène est un gaz extrêmement léger, occupant un volume important à pression atmosphérique, ayant tendance à monter et à se diluer très vite dans l'air en milieu ouvert. Il est incolore, inodore et non corrosif.
L'hydrogène présente des risques importants d'explosion (rappel : stocké à 700 bar à l'état gazeux) et d'inflammation, sous réserve de réunir plusieurs conditions :
La flamme de combustion de l'hydrogène atteint environ 2 000 °C ; incolore, elle est quasiment invisible, ce qui complique fortement l'appréciation des opérations de secours en présence d'H₂.