La victime d'une explosion est potentiellement traumatisée sévère, brûlée, blastée et intoxiquée. Les blessés les plus graves se trouvent près de l'épicentre ; toutes les victimes situées dans un même périmètre (mêmes conditions) sont susceptibles d'avoir les mêmes lésions.
Par les contenants : une personne peut être victime de traumatisme lors d'accidents de transport ou de manutention, similaires à ceux rencontrés habituellement en secours d'urgence aux personnes.
Traumatisme auditif : peut être causé par le bruit d'une fuite de gaz (pression, vitesse d'échappement, réaction de combustion). Exemple : une fuite d'hydrogène de 4 mm sur un stockage à 200 bar produit, à 150 m, un son de 130 dB — équivalent à un avion au décollage. Le seuil de la douleur est de 120 dB.
En dehors d'une explosion, les brûlures peuvent être provoquées par l'inflammation du gaz, ou par le déversement/la projection d'un gaz liquéfié réfrigéré (brûlures par le froid, ou gelures). Ces dernières n'ont pas de spécificité et se prennent en charge comme toute brûlure.
Un gaz toxique peut provoquer une hypoxie (diminution de l'apport d'oxygène dans les tissus), qui évolue vers l'anoxie (absence d'oxygène) et le décès si rien n'est fait. L'hypoxie peut être provoquée par une intoxication (fumées d'incendie, CO, cyanures…), une absence d'oxygène dans un volume (extinction automatique à gaz, gaz naturel en milieu confiné…), ou une destruction des voies aériennes par un gaz corrosif (chlore…).
Les premiers signes d'hypoxie (céphalées, nausées, troubles de conscience, perte de connaissance/motricité) apparaissent dès que la teneur en oxygène est inférieure à 18 %. Des pertes de connaissance pouvant conduire à la mort sont observées sous 8 % — la perte de connaissance peut être immédiate et sans signe annonciateur.
À l'état libre, le gaz naturel est plus léger que l'air : il s'élève rapidement et se disperse sans créer de nappe gazeuse. En milieu confiné, si la concentration du mélange gaz-air dépasse 25 % en gaz, le gaz naturel se substitue à l'oxygène de l'air inhalé : il agit alors comme un gaz asphyxiant par privation d'oxygène.
Les intoxications au CO résultent le plus souvent d'un appareil de chauffage défectueux ou mal entretenu, en espace clos sans détection. Chaque année, environ 5 000 intoxications sont dénombrées, dont un millier nécessite une hospitalisation, et une centaine ont une issue fatale.
Le CO est un poison mortel, inodore et incolore, qui tue en 1 à 3h à 0,1 % (1 000 ppm), et en 3 minutes à 1 % (10 000 ppm). Deux niveaux de risque : intoxication chronique (petite quantité sur longue période) et intoxication aiguë (grande quantité en temps court).
Le CO pénètre par les voies respiratoires. Il a 230 fois plus d'affinité avec l'hémoglobine que l'oxygène : il se fixe rapidement (carboxyhémoglobine, HbCO), provoquant un manque d'oxygène et un risque de mort rapide. Le décès survient généralement à un taux HbCO supérieur à 40 %.
Symptômes d'intoxication aiguë : céphalées, asthénie musculaire, vomissements, vertiges, douleurs diverses — signes trompeurs pouvant évoquer une infection virale. Un tableau psychiatrique est possible dans les formes aiguës (confusion, désorientation, hallucinations).
Le H2S pénètre par les voies respiratoires, et très peu par voie cutanée, entraînant une hypoxie. Deux types d'intoxication :
Seuils de concentration (ppm) : 0,2 = seuil olfactif ; 3 à 5 = odeur forte ; 10 à 50 = irritation oculaire ; 50 à 100 = troubles oculaires, dyspnée ; 250 = perte de l'odorat, conjonctivite sévère ; 300 à 500 = troubles respiratoires graves, perte de connaissance ; 500 à 1000 = troubles graves du système nerveux, pause voire arrêt respiratoire, coma ; 1000 à 2000 = décès.
Sous pression, le gaz est réfrigéré et peut causer des brûlures ou blessures cryogéniques. L'exposition aiguë par inhalation entraîne une dépression du système nerveux central, dont la rapidité et la gravité dépendent de la dose inhalée. Une exposition répétée à de faibles doses entraîne des symptômes généraux non spécifiques.
Les risques liés à l'oxygène sont ceux des gaz stockés sous pression ou sous forme liquide (-180 °C). L'inhalation d'oxygène n'est pas toxique pour l'homme, malgré de possibles effets secondaires à forte concentration : l'inhalation continue au-delà de 75 % peut causer nausées, étourdissements, difficultés respiratoires et convulsions.
Communément appelé « gaz hilarant », il est utilisé comme gaz propulseur (cartouches pour siphon à chantilly) et, associé à l'oxygène, comme gaz antalgique. Son inhalation à des fins récréatives progresse depuis 2018, majoritairement chez des usagers jeunes en contexte festif (de quelques cartouches à plusieurs centaines par jour), procurant euphorie, vertiges et distorsion de la voix.
Les intoxications aiguës peuvent provoquer des troubles digestifs, neurologiques ou irritatifs non spécifiques, pouvant aller jusqu'à des atteintes respiratoires ou cardiaques lors de fortes expositions. Les atteintes neurologiques et neuromusculaires sont les plus fréquentes (paresthésies, tremblements des extrémités, douleurs musculaires).