Il est illusoire de vouloir recenser de manière exhaustive toutes les opérations de secours en présence d'un gaz. Il conviendra toutefois de distinguer celles en présence d'un incendie des autres. Les situations les plus souvent rencontrées :
C'est la situation la plus grave. Les effets peuvent être conséquents : projection de terre, pierres et fragments de canalisations (effet missile) ; bruit intense dû à l'échappement du gaz en grande quantité et sous forte pression ; en cas de fuite enflammée, propagation de l'incendie dans un rayon étendu du fait de l'intensité du flux thermique.
Exemple : effets du rayonnement thermique lors d'un accident d'un gazoduc DN 1000 à 80 bar : inflammation de palettes à 130 m ; fonte de plastiques, tôles déformées et véhicules auto-enflammés à 150 m ; herbes brûlées à 270 m ; vitres cassées à 350 m ; bruit intense pouvant aller jusqu'à 160 dB.
Ce n'est pas à proprement parler un incident : la soupape est un dispositif de sécurité automatique qui abaisse la pression du réseau en rejetant du gaz dans l'atmosphère au niveau des postes de transport. Ce phénomène bruyant mais limité dans le temps (partie visible jusqu'à 80 m de haut) ne présente aucun caractère de gravité en fonctionnement normal, en l'absence de source d'inflammation.
En revanche, la non-fermeture ou la fermeture partielle d'une soupape constitue un incident dont la zone ATEX reste contenue à l'intérieur du périmètre du site.
Elles se caractérisent le plus souvent par une odeur de gaz. GRDF les classe en 3 types selon le danger :
| Type | Degré d'urgence | Moyens engagés |
|---|---|---|
| I — mise hors danger sans délai | Urgent | Sapeurs-pompiers et GRDF |
| II — réparation à programmer | Différé | Surveillance GRDF |
| III — sans réparation programmée | Sans degré d'urgence | Surveillance GRDF |
Pour les secours, il s'agit de 2 catégories : les fuites nécessitant une action immédiate (type I, traitées en procédure gaz classique ou renforcée), et les fuites à traitement différé (types II et III, sans engagement de secours).
Visible, le gaz s'échappe à l'air libre sans obstacle (ex : branchement arraché par une pelle mécanique). Risques : inflammation, projection de matériaux, cheminement et/ou accumulation de gaz en espace confiné.
Non visible, une partie du gaz ne s'échappe pas à l'air libre. Sa diffusion n'est pas maîtrisable : risque de cheminement (fourreaux, égouts, soupiraux) et d'accumulation en espace confiné (caves, sous-sols, chambres de télécommunication). Minoritaire parmi les procédures d'intervention gaz, elle fait l'objet d'une stratégie partagée entre COS, ATCE et CE.
Fuite sur la voie publique particulière. Lorsque le chef d'exploitation GRDF prend connaissance qu'un incident concerne une canalisation CPSE, il s'assure que cette information est transmise au COS, soit en appelant le CTA-CODIS si les intervenants GRDF ne sont pas encore arrivés, soit via l'interlocuteur GRDF terrain (intervenant de sécurité et/ou ATCE).
Fuite enflammée plus ou moins importante selon la pression. En principe, pas de risque d'explosion tant que le gaz brûle, mais ce risque ne doit pas être exclu : une partie du gaz ne brûle pas et peut s'accumuler sous l'avancée d'une toiture ou pénétrer dans des locaux.
Ces feux se caractérisent par : un très fort dégagement calorifique susceptible de propager l'incendie par simple rayonnement ; un danger potentiel d'explosion (poches gazeuses créées avant l'inflammation, ou gaz stockés à proximité dont les récipients ont chauffé) ; un dégagement de vapeurs toxiques pour les produits chimiques gazeux.
Sur les installations producteur et le poste d'injection, des fuites de méthane non odorisé sont possibles avant l'étape d'odorisation — seule détection fiable : explosimètre ou détecteur multigaz.
L'odorisation repose sur l'ajout de THT, stocké en fûts sur chaque installation. Le THT présente des risques pour la santé (irritation cutanée au contact, irritation des voies respiratoires/maux de tête/vertiges/nausées par inhalation) et un risque incendie (facilement inflammable).
Présence possible d'H2S produit lors de la fermentation (installations producteur) — équipement systématique d'un détecteur multigaz nécessaire, l'odorat ne suffisant pas (saturation olfactive à forte concentration).
Formation d'ATEX en espace confiné (digesteur, poste d'injection) : en fonctionnement normal, pas assez d'air dans le ciel gazeux pour qu'une ATEX se forme ; mais l'introduction d'air lors d'une intervention (curage, opération de secours) peut en créer une.
Des surpressions/dépressions internes peuvent apparaître (dysfonctionnement de soupapes) : les digesteurs et réservoirs sont équipés de dispositifs de sécurité (soupapes) pour l'éviter. Ce phénomène ne présente en lui-même aucun caractère de gravité en l'absence de source d'inflammation.
Les installations sont équipées de torchères permettant, en cas de panne des dispositifs de valorisation, d'évacuer le biogaz en le brûlant — sans gravité en lui-même.
Le transport du biométhane se fait via le réseau de distribution gaz. Selon l'implantation des producteurs, un « réseau de collecte » dédié (canalisations ne transportant que du biométhane) peut exister pour amener le biométhane vers les zones de consommation — y compris via des communes non desservies en gaz, où les secours peuvent alors être confrontés à une odeur de gaz inattendue.
Un déversement accidentel de substrat ou de digestat peut provoquer une pollution du milieu naturel (azote et/ou microbienne) générant des dégradations durables.