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Les situations envisageables
Chapitre 4 · Module 1/4
Sapeurs-Pompiers Sedan · eulfab.fr
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QCM
Chapitre 4 · §1 (1.1-1.5)
Les situations envisageables
Source : GDO Interventions en présence de gaz, DGSCGC, 1re édition, 12-2021

📋 Un panorama, non exhaustif

Il est illusoire de vouloir recenser de manière exhaustive toutes les opérations de secours en présence d'un gaz. Il conviendra toutefois de distinguer celles en présence d'un incendie des autres. Les situations les plus souvent rencontrées :

  • une fuite de gaz, enflammée ou non ;
  • un feu sur une infrastructure gaz ;
  • une explosion due au gaz ;
  • un dysfonctionnement sur installation de production de gaz ;
  • une intoxication due au gaz ;
  • une odeur de gaz d'origine inconnue ;
  • un accident de la circulation avec un véhicule transportant des bouteilles de gaz.

💥 §1.1.1 · La fuite sur un ouvrage du réseau de transport

C'est la situation la plus grave. Les effets peuvent être conséquents : projection de terre, pierres et fragments de canalisations (effet missile) ; bruit intense dû à l'échappement du gaz en grande quantité et sous forte pression ; en cas de fuite enflammée, propagation de l'incendie dans un rayon étendu du fait de l'intensité du flux thermique.

Exemple : effets du rayonnement thermique lors d'un accident d'un gazoduc DN 1000 à 80 bar : inflammation de palettes à 130 m ; fonte de plastiques, tôles déformées et véhicules auto-enflammés à 150 m ; herbes brûlées à 270 m ; vitres cassées à 350 m ; bruit intense pouvant aller jusqu'à 160 dB.

💡 L'intervention sur un ouvrage du réseau de transport vise à maîtriser l'incident et prévenir le sur-accident. Elle n'implique généralement pas d'interrompre totalement et rapidement le flux de gaz, notamment lorsqu'il est enflammé. L'idée de manœuvre doit être arrêtée conjointement par le COS et le représentant de l'exploitant, en tenant compte des conséquences économiques, environnementales et sur la sécurité des biens et personnes.

🔵 §1.1.2 · L'ouverture de soupape

Ce n'est pas à proprement parler un incident : la soupape est un dispositif de sécurité automatique qui abaisse la pression du réseau en rejetant du gaz dans l'atmosphère au niveau des postes de transport. Ce phénomène bruyant mais limité dans le temps (partie visible jusqu'à 80 m de haut) ne présente aucun caractère de gravité en fonctionnement normal, en l'absence de source d'inflammation.

En revanche, la non-fermeture ou la fermeture partielle d'une soupape constitue un incident dont la zone ATEX reste contenue à l'intérieur du périmètre du site.

🏘️ §1.2 · Les opérations sur un réseau de distribution

Elles se caractérisent le plus souvent par une odeur de gaz. GRDF les classe en 3 types selon le danger :

TypeDegré d'urgenceMoyens engagés
I — mise hors danger sans délaiUrgentSapeurs-pompiers et GRDF
II — réparation à programmerDifféréSurveillance GRDF
III — sans réparation programméeSans degré d'urgenceSurveillance GRDF

Pour les secours, il s'agit de 2 catégories : les fuites nécessitant une action immédiate (type I, traitées en procédure gaz classique ou renforcée), et les fuites à traitement différé (types II et III, sans engagement de secours).

🌬️ §1.2.1 · La fuite ouverte

Visible, le gaz s'échappe à l'air libre sans obstacle (ex : branchement arraché par une pelle mécanique). Risques : inflammation, projection de matériaux, cheminement et/ou accumulation de gaz en espace confiné.

🚪 §1.2.2 · La fuite fermée

Non visible, une partie du gaz ne s'échappe pas à l'air libre. Sa diffusion n'est pas maîtrisable : risque de cheminement (fourreaux, égouts, soupiraux) et d'accumulation en espace confiné (caves, sous-sols, chambres de télécommunication). Minoritaire parmi les procédures d'intervention gaz, elle fait l'objet d'une stratégie partagée entre COS, ATCE et CE.

  • réseau BP : en l'absence de risque de cheminement/accumulation, le maintien du flux gazeux peut être privilégié à sa coupure — cela facilite la recherche de fuite et le colmatage ;
  • réseau MP : la fermeture des organes de coupure interrompant le flux doit être priorisée. Le scénario de coupure reste possible à tout moment selon l'évolution.
⚠️ Le risque de cheminement en milieu urbain sur une fuite fermée est quasi systématique.

📏 §1.2.3 · La fuite sur canalisation à périmètre de sécurité étendu (CPSE)

Fuite sur la voie publique particulière. Lorsque le chef d'exploitation GRDF prend connaissance qu'un incident concerne une canalisation CPSE, il s'assure que cette information est transmise au COS, soit en appelant le CTA-CODIS si les intervenants GRDF ne sont pas encore arrivés, soit via l'interlocuteur GRDF terrain (intervenant de sécurité et/ou ATCE).

🔥 §1.3 · Le feu de coffret en façade

Fuite enflammée plus ou moins importante selon la pression. En principe, pas de risque d'explosion tant que le gaz brûle, mais ce risque ne doit pas être exclu : une partie du gaz ne brûle pas et peut s'accumuler sous l'avancée d'une toiture ou pénétrer dans des locaux.

Ces feux se caractérisent par : un très fort dégagement calorifique susceptible de propager l'incendie par simple rayonnement ; un danger potentiel d'explosion (poches gazeuses créées avant l'inflammation, ou gaz stockés à proximité dont les récipients ont chauffé) ; un dégagement de vapeurs toxiques pour les produits chimiques gazeux.

💡 Des feux de coffret peuvent également se retrouver sur le réseau de distribution du propane.

♻️ §1.4 · Les incidents sur les installations de biométhane

Sur les installations producteur et le poste d'injection, des fuites de méthane non odorisé sont possibles avant l'étape d'odorisation — seule détection fiable : explosimètre ou détecteur multigaz.

L'odorisation repose sur l'ajout de THT, stocké en fûts sur chaque installation. Le THT présente des risques pour la santé (irritation cutanée au contact, irritation des voies respiratoires/maux de tête/vertiges/nausées par inhalation) et un risque incendie (facilement inflammable).

⚠️ En cas d'intervention sur un site avec présence de fûts de THT : refroidir les fûts par pulvérisation d'eau, les éloigner de l'incendie, porter un appareil de protection respiratoire adapté et des vêtements de protection.

🫁 Autres risques spécifiques biométhane

Présence possible d'H2S produit lors de la fermentation (installations producteur) — équipement systématique d'un détecteur multigaz nécessaire, l'odorat ne suffisant pas (saturation olfactive à forte concentration).

Formation d'ATEX en espace confiné (digesteur, poste d'injection) : en fonctionnement normal, pas assez d'air dans le ciel gazeux pour qu'une ATEX se forme ; mais l'introduction d'air lors d'une intervention (curage, opération de secours) peut en créer une.

Des surpressions/dépressions internes peuvent apparaître (dysfonctionnement de soupapes) : les digesteurs et réservoirs sont équipés de dispositifs de sécurité (soupapes) pour l'éviter. Ce phénomène ne présente en lui-même aucun caractère de gravité en l'absence de source d'inflammation.

Les installations sont équipées de torchères permettant, en cas de panne des dispositifs de valorisation, d'évacuer le biogaz en le brûlant — sans gravité en lui-même.

🗺️ Réseau de collecte et pollution accidentelle

Le transport du biométhane se fait via le réseau de distribution gaz. Selon l'implantation des producteurs, un « réseau de collecte » dédié (canalisations ne transportant que du biométhane) peut exister pour amener le biométhane vers les zones de consommation — y compris via des communes non desservies en gaz, où les secours peuvent alors être confrontés à une odeur de gaz inattendue.

Un déversement accidentel de substrat ou de digestat peut provoquer une pollution du milieu naturel (azote et/ou microbienne) générant des dégradations durables.

🔀 §1.5 · Les autres opérations impliquant un gaz (risque secondaire)

  • feux sur la voie publique (poubelle, voiture, mobilier urbain) : les installations gaz (coffrets) peuvent être impactées par rayonnement/flux thermique ;
  • inondations sur la voie publique : rupture de canalisations d'eau → ravinement et déstructuration des sols pouvant impacter les canalisations de gaz, immédiatement ou de façon différée ;
  • effondrements de chaussée/bâtiment : le risque gaz doit être intégré comme risque secondaire ; reconnaissance systématique, exploitant systématiquement averti ;
  • odeur de gaz : motif principal d'appel des sapeurs-pompiers, pouvant mobiliser fortement la couverture opérationnelle d'un secteur ;
  • mise à jour d'une poche de gaz naturel (travaux de forage) : bulles dans l'eau stagnante, déclenchement d'explosimètres sans odeur — mêmes actions qu'une fuite classique ; le BRGM peut apporter son expertise ;
  • accidents de la circulation : reconnaissance de la totalité du parcours des véhicules accidentés pour rechercher des dégâts sur des ouvrages gaz (coffrets) ;
  • canons effaroucheurs (vignes, vergers) : fonctionnent à la bouteille de gaz, imitent un coup de fusil — présence possible de bouteilles lors de feux de végétation.
Partie 2 · Grille de lecture
Reconnaître le type de situation gaz rencontrée
Repères pour orienter la stratégie

✅ Réseau de transport

  • 1 Fuite sur ouvrage : situation la plus grave — idée de manœuvre toujours co-construite COS + exploitant
  • 2 Ouverture de soupape normale : phénomène bruyant mais sans gravité en l'absence de source d'inflammation
  • 3 Non-fermeture/fermeture partielle de soupape : incident réel, zone ATEX contenue au périmètre du site

✅ Réseau de distribution

  • 1 Type I (urgent) : seul type mobilisant les sapeurs-pompiers
  • 2 Fuite ouverte : risque visible, inflammation/projection/cheminement
  • 3 Fuite fermée réseau BP : maintien du flux souvent privilégié (facilite colmatage)
  • 4 Fuite fermée réseau MP : coupure des organes priorisée
  • 5 CPSE : vérifier que l'info a bien été transmise au COS par le CE/ATCE ou le CTA-CODIS

✅ Biométhane et situations secondaires

  • 1 Fûts de THT en feu : refroidir, éloigner, ARI + tenue de protection
  • 2 H2S sur site producteur : détecteur multigaz systématique, ne jamais se fier au nez
  • 3 Intervention dans un digesteur (curage) : risque ATEX par introduction d'air, à anticiper
  • 4 Toujours considérer le gaz comme risque secondaire sur feu voie publique, inondation, effondrement, accident de circulation
⚠️ Une odeur de gaz sans cause identifiée peut aussi résulter d'une poche de gaz naturel mise à jour lors de travaux de forage (bulles dans l'eau stagnante, alarme explosimètre sans odeur) : traiter comme une fuite classique et solliciter le BRGM si besoin.
Partie 3 · Validation
QCM — Réponses multiples possibles
Coche toutes les bonnes réponses, puis valide.
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Formation terminée