L'atteinte de ces objectifs peut passer par 3 étapes : stabiliser la situation, contrôler puis éteindre l'incendie, réduire et supprimer le risque. La santé et la sécurité des intervenants fait partie intégrante du premier objectif relatif aux personnes.
L'évolution des risques et des moyens de lutte étant permanente, chaque service doit s'inscrire dans une démarche globale d'amélioration continue de ses pratiques, basée sur le retour et le partage d'expérience (RETEX et PEX), intégrant :
L'approche du risque incendie doit être systémique, intégrant l'ensemble des domaines : connaissance du risque, prévention, prévision, méthodologie opérationnelle, acquisition des moyens, développement des compétences — ainsi que la notion d'interservices et le rôle du citoyen.
Combinaison des actions essentielles dans l'espace et dans le temps, contribuant à l'atteinte des objectifs de lutte contre l'incendie et ses effets. Elle s'appuie sur l'analyse systémique de la situation opérationnelle — l'outil « Source / flux / cibles » se prête aisément à ce type d'interventions, pour répondre à la question « que va-t-on faire pour lutter contre le sinistre ? ».
Le feu de structure évolue rapidement (échelle de quelques minutes, comparable aux délais de mise en œuvre des actions). L'anticipation s'appuie sur les conditions météo (le vent), la nature/destination du bâtiment, le facteur de ventilation (isolation), la nature des occupants.
Le COS mesure les risques pris par les équipes au regard de l'efficacité recherchée : possible évolution brutale du sinistre, aptitude de l'équipe à effectuer la mission, capacité à se soustraire à une situation qui se dégrade, possibilité de porter secours à une équipe en difficulté.
Les idées de manœuvre envisageables sont parfois plus nombreuses que celles réalisables avec les moyens présents dans des délais admissibles — principe de réalisme : prendre en compte une durée crédible de mise en œuvre.
Combinaisons d'actions choisies pour leur capacité à faire rapidement régresser le feu et l'éteindre. Entraîne un engagement proche du feu, donc une certaine vulnérabilité pour les SP. L'agressivité repose sur la capacité à couper les mécanismes de développement du feu, la maîtrise des mouvements gazeux et la projection d'eau en quantité suffisante et sous une forme appropriée — proportionnalité des moyens indispensable.
Combinaisons d'actions choisies parce qu'elles exposent moins les SP, généralement engagées en périphérie des volumes soumis à l'incendie. Peuvent limiter significativement l'extension du sinistre mais trouvent une limite dans leur capacité à obtenir une extinction rapide (sauf débits d'eau très importants depuis l'extérieur, si une partie significative atteint les foyers). La vulnérabilité s'apprécie au regard des effets du feu (chaleur rayonnée/convectée/conduite) et de ses développements brutaux (phénomènes thermiques, effondrements).
Combinaisons d'actions destinées à passer d'une tactique défensive à offensive, ou l'inverse. Deux situations types : l'attaque d'atténuation (attaque extérieure préalable à une attaque intérieure, pour réduire significativement l'intensité) et le repli défensif (des SP engagés à l'intérieur se replient avec leur lance vers une position plus défensive en circulation commune).
Sur feu, les accidents graves résultent le plus souvent de : déplacement des effets du feu (fumées, chaleur, flammes) piégeant les SP, ou effondrements/chute de matériaux.
L'acceptabilité du risque est une notion complexe : la différence d'appréciation entre acteurs (COS, intervenants, témoins, ayants droit, juge) et la temporalité de cette appréciation (avant ou après les faits) peuvent être importantes. Les retours d'expérience permettent d'examiner a posteriori la balance bénéfice/risque, pour limiter les prises de risque excessives comme les prises trop timorées.
La rapidité d'action, même avec des moyens limités en eau, reste le mode à privilégier (mode offensif). Le temps d'extinction doit être rapide ; au-delà, un repli sur des positions défensives doit être envisagé — sans maîtrise dans des délais courts, des évolutions fortes et rapides sont à craindre.
L'absence de maîtrise de la ventilation est peu préjudiciable si les moyens hydrauliques disponibles sont suffisants. Attention toutefois à un feu couvant depuis un certain temps : la maîtrise de la ventilation (antiventilation) devient alors nécessaire pour prévenir un embrasement violent des fumées.
Une tactique défensive peut utilement être envisagée, sans que cela retire son efficacité (cf. attaque de transition). Ces techniques exposent peu les personnels, demandent peu de technicité, et sont peu consommatrices de personnel (une attaque de transition peut être réalisée par une seule personne). Elles peuvent être menées en parallèle du sauvetage pour en favoriser les chances de succès.
Si les sauvetages à vue font partie des priorités, l'isolement du feu est une condition de sécurité majeure lorsque les victimes potentielles sont dans le cheminement des fumées de l'incendie.
Une zone de danger non maîtrisé apparaît lorsque les intervenants s'engagent à l'intérieur des volumes directement concernés par l'incendie avec des moyens insuffisamment agressifs. Sur feu développé, la zone d'incertitude peut être atteinte si l'engagement est trop long (diminution de la protection thermique, affaiblissement des structures) ou si les moyens hydrauliques/de ventilation sont insuffisants ou mal utilisés.
L'engagement en prompt secours, avec des effectifs et moyens réduits, est une situation courante. Chaque COS successif (dès le chef d'agrès) doit intégrer cette montée en puissance progressive dans la définition de sa tactique, en l'adaptant à l'évolution de la situation et aux moyens disponibles et à venir.