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L'Homme face au feu et aux fumées
Annexe B · Fiches scientifiques
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QCM
Annexe B · Fiches scientifiques
L'Homme face au feu et aux fumées
Source : GDO Interventions incendies de structures, 16/04/2018, p.137-155 (FSCI-HOM-1 à 3)
FSCI-HOM-1

🧍 Les effets du feu sur l'Homme (occupants)

Fiche centrée sur les personnes accidentellement exposées (les sapeurs-pompiers, formés et équipés d'EPI, en sont exclus). 3 natures de risques : perturbations sensorielles (baisse de la vision périphérique, stress, entrave à l'évacuation), risques thermiques (flux thermique et température), risques toxiques (espèces chimiques des fumées — le risque le plus important d'incapacitation et de létalité, parfois à distance du foyer).

Donnée clé pour l'estimation des chances de survie

D'après la littérature, 75 à 90 % des décès seraient liés à une intoxication létale plutôt qu'aux effets thermiques directs. L'embrasement des volumes n'est donc PAS la principale donnée à prendre en compte pour estimer les chances de survie d'une victime.

Épidémiologie (France, 2016) : 76 082 incendies d'habitation, 257 décès. La majorité des incendies se déclarent le jour, mais la majorité des décès survient la nuit (retard à la détection). Victimes majoritairement des hommes jeunes (15-64 ans) ; jeunes enfants et personnes âgées plus à risque de décès (incapacité à se soustraire, gravité liée à l'âge).

Flux thermique : lors d'un embrasement généralisé, le flux du plafond de fumée est de 20 à 25 kW/m², près de 10 fois supérieur à celui supportable par une personne — il est donc très improbable, sauf protection spécifique, de retrouver une victime survivante dans une pièce en flashover. Seuil de risque d'atteinte cutanée : 2,5 kW/m² ; à 2 kW/m² il faut 30 minutes pour un effet vulnérant.

Visibilité : la vitesse de marche diminue avec la densité optique des fumées ; les personnes renoncent généralement à pénétrer dans un volume enfumé si la visibilité est inférieure à 3 mètres.

Toxicité : monoxyde de carbone, acide cyanhydrique et dioxyde de carbone sont à l'origine de la quasi-totalité des décès par intoxication ; le CO seul est responsable de 90 % des décès en analyse post-mortem, à des concentrations parfois extrêmement faibles (0,01 % = céphalées ; 0,2 % = coma, mort rapide).

FSCI-HOM-2

🌡️ Gérer le stress thermique (sapeurs-pompiers)

Le stress thermique résulte d'un déséquilibre entre les apports de chaleur et les capacités d'évacuation de l'organisme (thermolyse). Conséquences possibles : altération neuromusculaire/cognitive, crampes, déshydratation, épuisement à la chaleur, coup de chaleur, brûlures cutanées.

Thermorégulation : échanges de chaleur selon 4 modes — conduction, convection, radiation, évaporation. En ambiance chaude : élévation de la température cutanée (seuil d'alarme 42°C ; sensation de brûlure dès 43°C), vasodilatation périphérique, évaporation de la sueur — entravée par les EPI.

Impact des EPI : empêchent le refroidissement et l'évaporation de la sueur (faible perméabilité à l'air), ajoutent une contrainte physique par leur poids. L'humidité dans les vêtements a un impact non négligeable, pouvant même causer des brûlures (par vapeur, par eau liquide brûlante, par séchage, par les vêtements chauds eux-mêmes).

Risque santé : l'étiologie des décès de SP sur intervention est cardiaque dans près de la moitié des cas ; pour chaque événement fatal, 25 événements cardiaques non fatals surviendraient. La fréquence cardiaque en intervention se rapproche fréquemment de la fréquence cardiaque maximale.

🔄 Rétablir l'équilibre thermique

Fractionnement de l'effort : ménager des temps de repos suffisants entre les séquences de travail. Pas de définition consensuelle du ratio travail/repos, mais l'autonomie d'un ARI (~20 min) est un repère raisonnable pour la durée d'une phase de travail intense ; la température centrale continuant à croître 10-15 min après l'effort, un ratio proche de 1/1 semble approprié. Plus la contrainte est importante, plus ce ratio doit être bas.

Optimisation du repos : adopter la tenue la plus adaptée (pas forcément la plus isolante) ; idéalement, retirer les EPI en zone tempérée pour lever l'obstacle à la thermolyse ; humidifier la peau et ventiler pour accentuer l'évacuation par évaporation. Cette phase permet aussi de surveiller l'apparition de signes d'alarme.

Hydratation : pilier de la remise en condition — la perte en eau est précoce et importante, la soif tardive. Un apport d'eau suffisant doit être assuré durant toute l'opération et la remise en condition ; un apport nutritionnel peut être nécessaire si la sollicitation se prolonge.

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💪 Aptitude à la mission

Les pathologies cardiovasculaires sont prépondérantes chez les sapeurs-pompiers ; surpoids, obésité et hypertension sont des facteurs de risque modifiables fréquents dans cette population.

Seuils d'aptitude physique : pour les missions de lutte contre l'incendie (établissement + progression EPI + attaque/sauvetage), le seuil minimal de VO2max est de 38 à 42 ml/kg/min, contre 32 à 36 ml/kg/min pour les missions de commandement. Les indicateurs de masse graisseuse (IMC, tour de taille) ne reflètent PAS la condition physique — les indicateurs fonctionnels (VO2max) sont plus pertinents pour l'aptitude.

Mesures de prévention suggérées : programmes de lutte contre les addictions (sensibilisation, dépistage), programmes de lutte contre la sédentarité (entraînement physique encadré par du personnel qualifié), éducation nutritionnelle, surveillance cardiovasculaire (ECG), adaptation des rythmes de travail — les gardes de 24h ont été associées à une augmentation de l'obésité et de l'hypertension chez les SP.

Annexe B · Fiches scientifiques
Ce que ça change concrètement
Application opérationnelle pour l'équipier

✅ Se prémunir du stress thermique

⏱️

Respecter un ratio travail/repos proche de 1/1, en s'appuyant sur l'autonomie de l'ARI (~20 min) comme repère de phase de travail intense

🧥

Retirer ses EPI dès que possible en zone de soutien tempérée pour permettre la thermolyse

💧

S'hydrater systématiquement sans attendre la sensation de soif, qui est tardive

👀

Rester attentif aux signes d'alarme chez ses collègues (comportement, signes cliniques) pendant la phase de repos

🧍 Évaluer les chances de survie d'une victime

Ne pas se fier uniquement à l'ampleur visible de l'embrasement : l'intoxication (CO notamment) reste la cause de décès la plus fréquente, bien plus que les effets thermiques directs. Un volume enfumé avec une visibilité inférieure à 3 mètres est déjà un environnement que les occupants eux-mêmes jugent trop dangereux pour y pénétrer.

💪 Prendre soin de sa condition physique sur la durée

Le risque cardiovasculaire est une réalité documentée du métier. Participer aux programmes de prévention proposés (activité physique encadrée, suivi nutritionnel, dépistage) contribue directement à réduire ce risque, pas seulement à répondre à une obligation.

Partie 3 · Validation
QCM — Réponses multiples possibles
Coche toutes les bonnes réponses, puis valide.
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Formation terminée