Trop souvent réduite à un enchaînement chronologique d'actions, la MGO correspond en réalité à l'approche que doivent avoir les équipes et le COS pour structurer leur pensée. Elle s'appuie sur 11 critères de réflexion :
Ont pour objet de collecter les informations relatives à l'analyse de la zone d'intervention, du sinistre, des personnes et biens menacés, en tenant compte des axes de propagation potentiels. Menées prioritairement en début d'intervention, la prise d'information doit rester permanente tout au long de l'opération, pour tous les acteurs, avec compte rendu systématique à son supérieur.
Le premier chef d'agrès adapte la profondeur de sa reconnaissance : très sommaire s'il sait être rapidement rejoint par le futur COS, plus approfondie s'il sait devoir composer seul avec ses moyens pendant un certain temps. Orienter ses reconnaissances nécessite de mobiliser ses connaissances sur le système feu selon la nature des volumes et l'activité exercée (prévention appliquée à l'opération, PAO).
« Un feu ventile, très bien, bien, peu ou très peu, mais il ventile — faute de quoi il s'éteint. » La ventilation opérationnelle ne se résume pas à l'usage de moyens mécaniques : c'est un concept regroupant 3 actions principales (sans ordre chronologique) :
Empêcher les fumées de venir dans un volume
Évacuer les fumées d'un local sans lien direct avec le local en feu
Agir sur les fumées et le foyer, canaliser leur propagation
Regroupe l'ensemble des actions visant à maîtriser les flux gazeux (alimentation en air, rejet des gaz de combustion) : antiventilation, VPP, désenfumage naturel ou forcé, protection d'un volume par surpression. Le choix d'une option de ventilation tient compte des objectifs recherchés, via la canalisation des flux (cloisonnement, ouvertures/fermetures) et l'utilisation ou la limitation de ce qui les influence (tirage, effets du vent, ventilateurs).
SAUVER reste la priorité de l'engagement des sapeurs-pompiers, conséquence directe de l'objectif majeur de préservation des personnes. La réalisation de sauvetages peut nécessiter une action préalable d'extinction ou de maîtrise du feu.
Sauvetage : extraire une personne soumise à un danger vital et imminent, qui ne peut s'y soustraire par ses propres moyens.
Mise en sécurité : éloigner des personnes d'une menace plus ou moins différée (frontière non nette avec le sauvetage). Le sauvetage justifie parfois une plus grande exposition au risque pour les SP — c'est la balance bénéfice/risque qui guide le choix du COS.
Quand les victimes sont visibles depuis l'extérieur. Nécessitent le plus souvent des échelles à main ou des MEA, parfois des lots de sauvetage. Risque prépondérant : chute (pour la victime comme pour le sauveteur). La rapidité d'exécution impose un niveau de sécurité réduit, compensé par l'aisance acquise via une pratique régulière à l'entraînement.
Accès aux victimes par l'intérieur, via un itinéraire hostile (fumées, chaleur). Risques prépondérants : fumées, chaleur, effondrement. Exige un moyen hydraulique adapté et une ligne de vie (le moyen hydraulique lui-même, une commande, une ligne guide…). L'extraction peut se faire par l'itinéraire d'accès ou un autre jugé plus sûr. La protection respiratoire de la victime doit être recherchée.
Accéder
Isoler
Désenfumer
Explorer
Sauver (ou Sortir)
Technique de recherche et sauvetage : exploration pièce par pièce depuis l'extérieur (on ressort entre chaque exploration). Expose à un risque raisonnable qui peut devenir majeur si l'isolement du feu (fermeture de porte) n'est pas réalisé rapidement après pénétration. Réservée à l'exploration de pièces de surface modérée (ex. chambres) comportant normalement une seule porte intérieure.
Destinées à éloigner du danger des personnes non menacées immédiatement, doivent être réalisées dans les meilleures conditions de sécurité. Tactiques adaptées possibles : évacuation légèrement différée après assainissement des circulations, ou confinement.
Vérifier la disponibilité d'une échelle à main ou d'un MEA adapté
Garder à l'esprit le risque de chute, prépondérant dans ce type d'action
Compter sur l'aisance d'exécution acquise à l'entraînement pour compenser un niveau de sécurité réduit par l'urgence
Disposer d'un moyen hydraulique adapté à la mission
Disposer d'une ligne de vie (moyen hydraulique, commande ou ligne guide)
Rechercher la protection respiratoire de la victime dès que possible
Isoler rapidement le feu (fermer la porte du volume donnant sur la circulation) juste après la pénétration : c'est ce qui transforme un risque raisonnable en risque majeur si l'étape est omise ou retardée.
Se demander systématiquement ce qu'on cherche à faire : protéger un volume encore sain, désenfumer un local non directement lié au feu, ou attaquer en agissant sur les fumées et le foyer. Ce sont 3 objectifs différents, pas 3 étapes obligatoires dans un ordre fixe.