Très exceptionnellement le feu peut être éteint sans agent extincteur, par étouffement. Dans la grande majorité des cas, c'est l'eau qui est utilisée pour agir sur le feu.
Action défensive selon 3 sous-objectifs : lutter contre la propagation au niveau de la source (pulvérisation sur un sortant, refroidissement des produits de combustion dès leur émission) ; lutter en réduisant le flux de chaleur rayonnée (ex. lance « queue de paon » interposée en écran d'eau) ; lutter contre la montée en température des biens menacés en les arrosant directement. L'éloignement du combustible reste aussi une technique utilisable.
Mêmes principes, mais l'action sur le rayonnement est moins utilisée. Impose de pénétrer dans le bâtiment (à l'extérieur du volume siège du feu). Possibilité de limiter la propagation en utilisant des sortants existants (exutoires) ou en en créant (trouées) : les produits de combustion sortent plutôt que de migrer horizontalement.
Tactique agressive menée depuis une position défensive, utilisée quand les enjeux matériels ne justifient pas l'exposition des personnels, quand la ventilation n'est pas contrôlable, ou pour des feux de grands volumes. Nécessite des débits importants (une grande partie de l'eau n'étant pas efficace). Concentrer les moyens sur une partie de la zone en feu est souvent plus efficace qu'une projection répartie.
Peu de dangers pour les intervenants ; à éteindre par une action rapide, avant même l'arrivée des secours si possible. Tactique offensive qui atténue très rapidement les effets du feu.
Attaque directe, quelques secondes, débit relativement faibleMenée au contact du feu, très agressive : visibilité grandement améliorée, chaleur évacuée. L'eau sert essentiellement à refroidir les surfaces en pyrolyse ou incandescentes — le refroidissement des fumées n'est généralement pas utile puisqu'elles quittent rapidement le volume. Éviter l'accumulation d'eau au sol.
125 à 250 L/minTactique offensive qui prive le feu de comburant en limitant les ouvertures. Utilisée le plus souvent sur des feux déjà sous-ventilés. 2 cas : équipe dans le volume/circulation enfumée (progression sécurisée par refroidissement de la masse gazeuse au plafond) ; équipe à l'extérieur (séquences ouverture/aspersion brève/fermeture, parfois sans ouvrir la porte via lances forantes).
Principe : inerter l'atmosphère par vapeur d'eau, qui diminue la concentration en oxygène et en gaz de pyrolyse, maintenant le mélange hors de son domaine d'inflammabilité.
Quelques dizaines de litres suffisent (ex. LDV 500 à 125 L/min)Attaque limitée en temps, menée de l'extérieur, destinée à réduire fortement la puissance du feu avant une attaque immédiate depuis l'intérieur (passage du mode défensif à offensif). Jet concentré dirigé sur le plafond du volume en feu : vaporisation en partie haute + retombée en pluie sur zones incandescentes.
10 à 15 secondes, débit 250 à 500 L/minLes attaques offensives menées sans maîtrise de la ventilation comportent des risques certains et doivent rester exceptionnelles. Elles ne peuvent se justifier que par l'absence d'alternatives plus sûres, une balance bénéfice/risque favorable, et un potentiel combustible limité. L'excès de débit ne peut jamais compenser le défaut de maîtrise de la ventilation.
Non pas une tactique choisie pour attaquer, mais une tactique adoptée en cours d'action pour passer du mode offensif à un mode plus défensif si les conditions s'aggravent. Se fait sous protection du moyen hydraulique (jet dirigé vers la masse gazeuse au plafond, débit important, impulsions longues). Complété dès que possible par le cloisonnement du volume en feu (fermeture de porte).
| Caractéristique | Explication |
|---|---|
| Capacité de refroidissement | L'eau finement divisée a une plus grande surface de contact avec les gaz chauds |
| Capacité à mouiller à cœur | Grosses gouttes : atteinte du cœur des matériaux en ignition, production de vapeur (inertage) |
| Forme du jet | Jet droit, diffusé d'attaque (30-60°), diffusé de protection (angle maximum) |
| Portée | Dépend de la concentration du jet et de la vitesse initiale de l'eau (pression) |
| Ergonomie | Aisance à changer de débit/forme de jet, réduction de la fatigue, facilité de déplacement |
Le moyen usuel de lutte contre les feux de structure est la lance à débit et jet réglables (LDJR / LDV), débit variant généralement de 125 à 500 L/min. L'outil le plus performant ne vaut rien sans les compétences pour l'utiliser correctement.
Attaque directe rapide, débit faible, quelques secondes suffisent.
VPP : viser les surfaces en pyrolyse/incandescentes, pas les fumées, débit 125-250 L/min, éviter l'accumulation d'eau au sol.
Antiventilation : petites quantités d'eau en vapeur pour inerter, pas besoin de gros débit — l'excès de débit ne compense jamais un défaut de maîtrise de la ventilation.
Attaque de transition (atténuation) : jet concentré 10-15 secondes sur le plafond, débit élevé (250-500 L/min), puis engagement intérieur immédiat.
Repli défensif sous protection hydraulique (jet vers la masse gazeuse au plafond), puis cloisonnement dès que possible (fermer la porte derrière soi).
Rester sur une tactique défensive sauf absence d'alternative plus sûre, balance bénéfice/risque favorable ET potentiel combustible limité — une attaque offensive sans maîtrise de la ventilation doit rester exceptionnelle.