🧥 La phase d'équipement
Chaque membre du binôme a préalablement revêtu sa tenue de protection (cagoule, veste et pantalon de protection, gants et chaussants… ou tout autre EPI adapté à la situation).
L'ajustement du harnais de l'appareil de protection respiratoire se fait hors de l'engin. La mise en place de l'ARI par le porteur dans l'engin ne peut se faire que si le véhicule est équipé de sièges le permettant — elle ne dédouane pas le porteur du port de la ceinture de sécurité.
S'agissant de la protection de la face et des voies respiratoires, il est important de respecter le positionnement successif des trois protections de la tête :
- le masque (nez, bouche, yeux) ;
- la cagoule ;
- le casque.
Pendant la phase d'attente
Les porteurs adoptent une position qui préserve leur potentiel physique tout en restant en alerte. Ils veillent à :
- ouvrir (ou faire ouvrir) la bouteille lentement et complètement ;
- vérifier l'armement du sifflet de fin de charge (sifflement à la mise en pression) ;
- vérifier la pression au manomètre.
🤝 Le contrôle croisé
Obligatoire, le contrôle croisé consiste à vérifier la mise en place correcte des EPI. Il est réalisé en vis-à-vis, sous la responsabilité du binôme, et validé par le responsable du point de pénétration (chef d'agrès, contrôleur).
Le contrôle croisé valide les étapes d'habillage et garantit le niveau de protection du binôme.
Étapes du contrôle croisé
- Tenue de feu : port complet et correct
- Cagoule : ajustement correct
- Masque ARI : ajustement correct, étanchéité, fixation correcte (brides)
- Soupape à la demande (SAD) : encliquetage correct
- Casque : jugulaire attachée
- Bouteille : vérification de la pression
La liaison SAD-masque doit être vérifiée en faisant pivoter la SAD, tout en exerçant une légère traction dessus. Le test d'étanchéité du masque est à réaliser en respectant les préconisations du fabricant.
Avant l'engagement, chaque porteur veille à :
- fermer la boucle ventrale ;
- ajuster le harnais (moins serré lors de l'engagement, pour conserver une couche d'air) ;
- attacher la mentonnière du casque ;
- contrôler la pression et/ou l'autonomie d'engagement ;
- armer la balise de détresse (vérifier l'armement si système automatique).
En fonction des procédures et de la dotation en matériels du SIS, le chef du binôme se munit d'un moyen radio.
🚪 L'engagement
L'engagement est le passage de la zone contrôlée à la zone d'exclusion. Il satisfait aux conditions minimales de sécurité, d'autonomie, d'enregistrement et de réengagement. Il s'agit du début de la mission du binôme (sauvetage, recherche, attaque du/des foyer(s), etc.).
Durant la phase d'engagement, la sécurité des intervenants dépend du respect des mesures préalables fixées par le commandant des opérations de secours. Ce dernier, après une analyse de la situation opérationnelle :
- prend sa décision d'engagement de moyens humains en fonction des enjeux et des moyens à disposition ;
- fixe le niveau de protection adapté au risque.
✅ Les conditions minimales d'engagement
Pour permettre au binôme de s'engager en sécurité maximale, les conditions suivantes doivent être remplies :
- la pression avant engagement ne doit pas être inférieure à la pression nominale de la bouteille moins 10 % (exemple : pour une bouteille 300 bar, pression minimale de 270 bar) ;
- le contrôle croisé est réalisé et satisfaisant ;
- l'enregistrement a été réalisé ;
- l'itinéraire de repli est facilement identifiable par le binôme ;
- le binôme est en possession d'un moyen de communication (corne d'appel, radio, ligne guide, etc.).
Tout engagement en dessous de la pression minimale est restreint à des missions limitées. Il est validé par le responsable du point de pénétration.
L'enregistrement
Il s'agit de la dernière étape de contrôle pour s'assurer d'un engagement sécurisé. Avant chaque engagement ou réengagement, le binôme doit s'enregistrer.
L'enregistrement se fait en zone contrôlée, auprès du chef d'agrès ou du contrôleur.
L'utilisation d'un tableau de gestion des personnels est préconisée. Toutefois, tout autre support peut être utilisé (porte, mur…). L'enregistrement comprend :
- l'identification des porteurs (noms) et la pression d'engagement ;
- l'inscription de l'heure d'entrée (autant que possible) ;
- la remise des « clés » des balises de détresse avec les plaquettes d'enregistrement au chef d'agrès, au contrôleur, ou laissées au point d'enregistrement.
L'autonomie du binôme
Tout au long de la phase d'engagement, le porteur contrôle l'autonomie d'air respirable dont il dispose. Un engagement sous ARI comprend trois temps : temps « aller », temps « mission », temps « retour ».
Le binôme doit garder à l'esprit de conserver suffisamment d'autonomie en air pour revenir en sécurité au point de pénétration. La phase de retour peut donc être enclenchée avant la mise en œuvre du sifflet de fin de charge.
Lorsque la pression dans la bouteille d'ARI descend en dessous de 55 bars environ, un sifflet de fin de charge se déclenche, impliquant un retour systématique et immédiat du binôme au point de pénétration.