🎯 Principe général
Les appareils de protection respiratoire sont des équipements de protection individuelle de catégorie III, assurant la protection du porteur contre des risques pouvant entraîner des lésions irréversibles ou mortelles. Ils doivent être utilisés conformément aux notices d'emploi des fabricants.
L'air respirable est fourni selon l'un de ces deux principes :
- l'apport d'air provenant d'une source non polluée (appareils indépendants de l'air ambiant) ;
- la filtration de l'air pollué à travers un dispositif filtrant.
ARI circuit ouvert
Un appareil respiratoire isolant (ARI) autonome à circuit ouvert (ARICO) fonctionne avec une réserve d'air comprimé sous haute pression. Il alimente l'utilisateur à la demande en air respirable depuis la ou les bouteille(s) portée(s) sur le dos. L'air expiré est rejeté à l'extérieur par la soupape d'expiration du masque.
Composants obligatoires
- Un dossard et un harnais
- Un détendeur HP/MP : haute pression (200 ou 300 bar selon les bouteilles), moyenne pression (6 ou 8 bar), équipé d'un dispositif d'échappement de l'air en cas d'anomalie
- Une soupape à la demande (SAD) : détendeur MP/BP (basse pression légèrement supérieure à la pression atmosphérique, pour maintenir une surpression dans la pièce faciale)
- Un flexible moyenne pression (détendeur → SAD) et un flexible haute pression (détendeur → manomètre)
- Un manomètre d'air comprimé (pneumatique ou électronique)
- Un sifflet de fin de charge
- Un détecteur d'immobilité
- Une pièce faciale (masque complet) : à brides, à griffes, ou à filet
Dispositifs optionnels
- Indicateur de température
- Système d'enregistrement de données
- Boîtier d'instrument de contrôle et de sécurité (ICS), avec manomètre et afficheur d'autonomie
- Deuxième raccordement MP d'entrée (alimentation depuis une source extérieure) ou de sortie (alimentation d'une cagoule/masque à des fins de sauvetage), ou raccordement combiné
- Dispositif by-pass (arrivée d'air supplémentaire en cas de besoin, purge du circuit)
Bouteilles
| Type | Composition |
| Type I | Bouteilles métalliques |
| Type II | Bouteilles métalliques renforcées |
| Type III | Bouteilles composites avec liner métallique |
| Type IV | Bouteilles composites avec liner plastique |
Consommation « haute » d'un porteur d'ARICO lors d'un incendie (effort intense) : environ 100 l/min.
ARI circuit fermé
Un appareil respiratoire isolant à circuit fermé régénère l'air expiré vicié pour le rendre à nouveau respirable. Principalement utilisé pour les interventions nécessitant des autonomies importantes (explorations de longue durée, feux de navires, etc.).
Trois types de fonctionnement
- Réserve d'oxygène comprimé (~200 bar) + cartouche de chaux sodée de régénération (absorbeur de CO₂)
- Sans réserve d'oxygène comprimé, avec cartouche de régénération de dioxyde de potassium (absorbeur CO₂/humidité + générateur d'oxygène)
- Réserve d'air comprimé (~300 bar) + cartouche de régénération de dioxyde de potassium (absorbeur CO₂ et humidité)
Composants
- Carter de protection et de portage avec harnais
- Sac respiratoire, tuyaux respiratoires (inspiration/expiration)
- Cartouche(s) régénératrice(s), pièce faciale
- Réserve de gaz comprimé (air ou oxygène), détendeur HP/MP
- Soupapes (inspiratoire/expiratoire), manomètre, flexible haute pression
- Gaz réfrigérant (réduit la température de l'air inspiré)
- Détecteur d'immobilité
Masse maximale : 18 kg pour un ARI circuit ouvert (norme NF EN 137), 16 kg pour un circuit fermé (norme NF EN 145) — écart justifié par l'autonomie plus longue de ces derniers et la nécessité de soulager la contrainte physique du porteur.
🫁 Matériels d'assistance respiratoire
L'assistance respiratoire à une victime au moyen de la cagoule d'évacuation peut être assurée de trois façons :
- cagoule d'évacuation sur la 2ᵉ sortie moyenne pression de l'ARI d'un membre du binôme ;
- cagoule d'évacuation ou masque d'un lot d'assistance en air respirable ;
- cagoule autonome avec une cartouche filtrante.
Appareils de protection respiratoire filtrants
L'utilisation des masques complets avec filtres anti-aérosols, filtres anti-gaz et filtres combinés répond à des règles strictes (en particulier une connaissance appropriée du milieu).
Filtration anti-aérosols
| Classe | Efficacité |
| P1 | Arrête 80 % des aérosols |
| P2 | Arrête 94 % des aérosols |
| P3 | Arrête 99,95 % des aérosols |
Marquage complémentaire : réutilisable (R) ou non réutilisable (NR) sur une période de 8 heures. Ces filtres se colmatent au fur et à mesure de leur utilisation, en particulier en ambiance empoussiérée.
Filtration anti-gaz
Ces filtres sont généralement constitués de charbon actif ; l'épuration de l'air inspiré repose sur le phénomène d'adsorption, limité dans le temps.
| Type | Couleur | Domaine |
| A | Marron | Gaz/vapeurs organiques, point d'ébullition > 65°C |
| B | Gris | Gaz et vapeurs inorganiques |
| E | Jaune | Dioxyde de soufre et autres gaz/vapeurs acides |
| K | Vert | Ammoniac et dérivés organiques aminés |
| HgP3 | Rouge et blanc | Vapeurs de mercure |
| NOP3 | Bleu et blanc | Oxyde et dioxyde d'azote |
| AX | Marron | Gaz/vapeurs organiques, point d'ébullition < 65°C |
| SX | Violet | Composés spécifiques désignés par le fabricant |
Le temps de claquage (ou de percée) est le temps au terme duquel la concentration de polluant dans l'air filtré dépasse une certaine concentration critique. Il est mesuré dans des conditions expérimentales précises (20°C, 70 % d'humidité, débit de ventilation 30 l/min) qu'il ne convient pas de comparer avec les conditions opérationnelles.
Ce temps varie selon les conditions réelles :
- il diminue si la concentration de produit, la température et le débit de ventilation augmentent ;
- le débit ventilatoire de la norme (30 l/min) est bien inférieur à la moyenne constatée pour une activité de sapeur-pompier ;
- l'humidité relative du milieu (pluie, brouillard, vapeur) diminue le temps de claquage (les molécules d'eau occupent les sites d'absorption du matériau filtrant).
L'INRS limite l'emploi des filtres anti-gaz, dans les situations de travail, à une concentration connue inférieure ou égale à 60 fois la valeur limite à court terme (VLCT) propre à chaque toxique.
En l'état des connaissances actuelles, il n'est pas possible de définir précisément la durée de vie d'une cartouche en utilisation réelle. L'usage de ce type de protection doit rester réfléchi, nécessitant la connaissance exacte du polluant, de sa toxicité, de sa concentration la plus élevée prévisible, etc.