Au cours de leurs missions, les intervenants peuvent être amenés à réaliser des opérations de recherche de victime(s) ou de localisation d'une source de danger (foyer ou fuite…). On distingue deux temps de recherche :
Lors de missions de recherche de victimes menées simultanément aux missions d'extinction, la recherche de victimes commence à proximité immédiate du foyer pour s'en écarter et atteindre la sortie du bâtiment.
Les EAS sont susceptibles d'être présents dans des établissements recevant du public (ERP). Un EAS constitue une zone à l'abri des fumées, des flammes et du rayonnement thermique. Toute personne, quel que soit son handicap, doit pouvoir s'y rendre et y attendre son évacuation différée grâce à une aide extérieure.
Les EAS peuvent être aménagés dans tous les espaces accessibles au public ou au personnel, à l'exception des locaux à risques particuliers. Ils peuvent ne pas être exclusivement destinés à cette fonction. Un EAS est identifié et facilement repérable du public et de l'extérieur par les services de secours au moyen d'un balisage spécifique.
Lors d'opérations en bâtiment avec étages, les recherches s'effectuent généralement dans l'ordre suivant :
Lors de la progression, en cas de recherche de victimes, le binôme doit écouter s'il y a des appels à l'aide ou d'autres signes de présence de victimes, et chercher dans les salles de bain (baignoires, douches), les gardes robes, sous les lits, les meubles, au sous-sol, ainsi qu'à tous les endroits où pourraient se cacher des personnes atteintes d'incapacité ou désorientées, ou des enfants.
Un changement de revêtement au sol indique un changement de volume. Les portes tirantes sont généralement en lien avec un placard, un accès au garage, ou un changement de niveau (accès à la cave, par exemple). Ne pas oublier ou manquer une porte, et balayer derrière la porte dès que l'on change de volume. Faire des appels verbaux réguliers pendant la reconnaissance, et être attentif aux sons et aux bruits qui pourraient être émis par une victime (en faisant des pauses respiratoires coordonnées entre chef et équipier, par exemple).
Selon les conditions à l'intérieur du bâtiment (et/ou le niveau de fumée), l'exploration s'effectue debout, accroupi ou à quatre pattes. Le déplacement à quatre pattes réduit le risque de chute de plain-pied ; cette position doit être privilégiée dès que les pièces sont envahies de fumées. La descente d'un escalier se fait en marche arrière pour limiter les risques de chute.
Lors de la reconnaissance d'une pièce pour une recherche de victimes, les deux intervenants se déplacent le long des murs en réalisant un parcours circulaire pour revenir au point de départ.
Les binômes utilisent des matériels facilitant leurs recherches (caméra thermique, outils de forcement…). Les membres du binôme sont reliés entre eux à l'aide de leurs liaisons personnelles afin de rester indissociables en cas de perte de visibilité. Les recherches se font systématiquement pièce par pièce en veillant aux signes de présence de victimes (appels à l'aide, bruits…).
Afin de réduire la désorientation et le stress associé, il est essentiel que les binômes gardent un repère dans l'espace reconnu tout au long de leurs recherches. Ainsi, avant tout engagement, « le sens » de reconnaissance doit être défini au sein du binôme : « main gauche » ou « main droite ». Les binômes longent le mur du côté choisi. Le chef d'agrès est informé, ce qui permettra de localiser le binôme en cas de problème.
Au cours de l'exploration, les pièces reconnues sont marquées afin de préciser l'avancée des reconnaissances et d'éviter une perte de temps par répétition. Lors de la réalisation, les portes (d'entrée et d'intérieur) sont fermées après reconnaissance pour que les pièces ne soient pas envahies par les fumées ou impactées par la propagation de l'incendie.
Les règles de marquage doivent être définies et connues de tous. Elles doivent être simples et aisément compréhensibles de toutes les équipes. On peut retenir, à titre d'exemple :
En cas de découverte d'une victime, son sauvetage ou sa mise en sécurité doit être réalisé au moyen de la cagoule d'évacuation ou d'un système équivalent, dans la mesure du possible. Dans tous les cas, il convient d'affecter cette mission au sauveteur disposant de la plus grande autonomie, et de :
Indices utiles : porte verrouillée (salle de bain), chaînette anti-intrusion en place, plusieurs paires de chaussures de tailles différentes, changement de revêtement de sol (changement de volume), portes tirantes (placard/garage/cave).