Lors d'un incendie, l'analyse de la situation doit conduire le COS à identifier rapidement s'il doit alimenter ou non le dispositif hydraulique.
La performance actuelle des lances permet généralement d'agir efficacement avec des quantités d'eau plus faibles. Dans les premiers temps de l'intervention, l'alimentation de l'engin — s'il dispose d'une réserve suffisante (engins classiques ~3000 L) — n'est donc plus une obligation absolue. Si le dispositif doit être alimenté depuis un point d'eau, il convient de faire le choix le plus approprié.
Les points d'eau sont recensés dans le RDDECI et indiqués sur la cartographie opérationnelle du SIS ; une cartographie informatique exploitée par le CTA à l'alerte facilite le travail des équipes. Le débit et la pression d'un réseau, ou la quantité d'eau d'un point naturel, ne sont pas stables dans le temps — d'où l'intérêt des visites de secteurs.
L'alimentation d'un dispositif repose sur l'analyse de :
Une pompe refoule de l'eau dans un établissement d'attaque à partir : de la citerne de l'engin, d'une BI/PI (pression à l'arrivée d'au moins 1 bar, via tuyaux souples), ou d'un point d'eau naturel/artificiel (aspiration via tuyaux semi-rigides, hauteur max définie par la puissance de la pompe).
On évite généralement de faire travailler une pompe à plus de 80 % de ses capacités, pour préserver son intégrité et la sécurité des intervenants (risque de rupture hydraulique). Une casse matérielle peut être anticipée par un engin-pompe en réserve. L'alimentation doit être optimisée par une ligne de 110, ou deux lignes de 70.
Le conducteur peut alimenter seul l'engin tant que le point d'eau est à proximité — notion relevant du bon sens, le conducteur devant pouvoir agir rapidement sur la pompe selon les besoins des binômes et la quantité d'eau en citerne.
Un FPT (3000 L) laisse une marge confortable ; un VPI (600 à 1200 L) nécessite une alimentation rapide s'il reste seul le temps de la montée en puissance. Le chef d'agrès adapte alors son choix tactique (offensif, défensif, transition).
| Ligne Ø 110 | Ligne Ø 70 | |
|---|---|---|
| Matériel conducteur | 1 tuyau de 10 m Ø110, 1 clé de poteau/bouche, 1 col de cygne (si bouche) | 1 tuyau de 20 m Ø70 (jusqu'à 3 en écheveaux), 1 clé de poteau/bouche, 1 retenue (si bouche) |
| Position engin | Au point d'eau | À proximité immédiate |
⚠️ Attention : le conducteur veille à sécuriser sa zone de travail. L'alimentation par le conducteur n'est pas raisonnable s'il doit s'éloigner de l'engin dans des conditions de sécurité défavorables pour les équipes engagées.
| Tuyaux en couronnes | Dévidoir mobile | |
|---|---|---|
| Conducteur | 1 collecteur | 1 collecteur |
| Chef BAL | 1 tuyau Ø70, 1 clé de poteau/bouche | 1 ou 2 dévidoirs mobiles selon la distance, 1 clé de poteau/bouche |
| Équipier BAL | 2 tuyaux Ø70, 1 retenue (si bouche) | 1 retenue (si bouche) |
Le nombre de tuyaux à la main ne dépasse généralement pas 3 (au-delà, plus de gain de temps/énergie). Nota : l'alimentation par dévidoir mobile peut se faire en prolongement d'une prise d'eau — après avoir donné le demi-raccord de la ligne d'attaque, le BAL repart vers le point d'eau avec les pièces de jonction nécessaires.
Seul moyen possible en l'absence de réseau. Points naturels généralement indiqués sur les parcellaires opérationnels. Alimentation effectuée par le conducteur à l'aide d'aspiraux, éventuellement aidé du BAL.
Deux situations :
Choix reposant sur : nature/nombre/qualité des points d'eau, distance et accès (résistance, gabarit, obstacles), dénivelé (pertes de charge), personnel nécessaire et disponible.
Gros porteur d'eau : permet d'être au plus près de la situation, d'utiliser peu de personnel, engins polyvalents. Contrainte : gabarit sur chemins ruraux/forestiers.
Noria d'engins-pompe : allers-retours entre point(s) d'eau et point(s) d'alimentation. Points à évaluer : temps d'aller-retour, nature du point d'eau, débit (ex. PI à 60 m³/h = 1000 l/min ≈ 3 min pour remplir un FPT de 3000 L, + 2 à 5 min d'installation + 2 à 5 min de démontage ≈ 10 à 15 min au total), pérennité du point d'eau. Risques additionnels liés aux trajets (accidents, chutes, heurts). Préférence : laisser l'engin alimentant le dispositif en place, et le remplir via les norias.
Réserve tampon (citerne souple) : volume entre 3000 et 10 000 L, alimentée par 1 ou 2 gros porteurs faisant des norias.
Au-delà d'environ 400 m (équivalent de deux dévidoirs de 70 sur un FPT), on préfère une ligne de 110, pour limiter les pertes de charge. Un véhicule dévidoir (léger, camion ou cellule dédiée) établit en roulant une ou plusieurs lignes de 110 en écheveaux, généralement du point à alimenter vers le point d'eau. Une pompe (engin, motopompe, ou réseau surpressé) refoule ensuite depuis le point d'eau.
| Situation | Mode d'alimentation |
|---|---|
| Engin au point d'eau ou à proximité immédiate | Conducteur seul (ligne 110 au point d'eau, ou ligne 70 à proximité) |
| Engin éloigné, établissement manuel possible | BAL avec tuyaux en couronnes (max. ~3) ou dévidoir mobile |
| Pas de réseau exploitable | Aspiration (aspiraux, crépine, flotteur) ± MPR ou motopompe flottante |
| Distance > 400 m ou réseau saturé/absent | Ligne 110 au dévidoir automobile, noria, ou gros porteur/réserve tampon |