Les règles de prévention et les bonnes pratiques doivent être abordées au cours des formations suivies par les sapeurs-pompiers dans le domaine de l'incendie, dès les formations initiales.
Au-delà des obligations qui pèsent sur les services d'incendie et de secours en tant qu'employeur, chaque sapeur-pompier est responsable de sa propre sécurité et de sa santé. Il l'est également vis-à-vis de ses collègues dans le cadre d'une prévention collective. L'hygiène et la bonne santé physique sont des éléments primordiaux de la protection du sapeur-pompier contre les risques de toxicité liés aux fumées d'incendie.
La rigueur individuelle et collective dans l'application de quelques règles d'usage permet de se protéger soi-même et de protéger les autres :
Depuis 2018, la DGSCGC mène, en lien avec la CNRACL, des travaux qui ont permis de publier un référentiel technique (décembre 2019) relatif à une cagoule de protection filtrante, configurée pour les feux de structures, d'espaces naturels, et les activités associées et complémentaires.
Répondant à des performances de filtration, elle est destinée à protéger du risque thermique et à garantir la filtration de certaines particules fines et suies, tout en conservant le confort au porté et une respirabilité pour l'utilisateur.
| Opération | Exposition couverte |
|---|---|
| Feux de structures / feux en extérieur (+ ARI le cas échéant) | Risque thermique, d'explosion, suies et/ou particules fines en suspension |
| Feux de forêts et d'espaces naturels | Risque thermique, suies et particules fines en suspension |
| Activités associées et complémentaires (+ ARI le cas échéant) | Inhalation de particules fines ou autres toxiques ; déblais, surveillances, brûlages dirigés, noyages |
Elle assure une protection de la tête, du cou, des épaules et du jabot (hors zone oculaire), y compris contre les agressions mécaniques (branches, etc.). Sur le plan ergonomique, elle permet de porter un dispositif de protection oculaire ou un masque ARI sans en modifier les performances, sans gêner les autres équipements, en conservant la liberté de mouvement de la tête et du cou. Trois configurations existent : avec masque ARI (feu de structure), avec lunettes de protection (configuration filtration), et avec masque de fuite (feux de forêts).
Le règlement européen 425/2016 du 9 mars 2016 établit les exigences applicables à la conception et à la fabrication des EPI. Ils sont classés selon trois catégories de risques ; la catégorie 3 concerne les risques susceptibles d'entraîner la mort ou des dommages irréversibles pour la santé — à ce titre, les ARI (NF EN 137) et leurs masques (NF EN 136) sont classés en catégorie 3.
Le fabricant doit établir la documentation technique et faire évaluer la conformité par un organisme notifié, qui délivre un certificat CE de type permettant le marquage CE. La notice du fabricant doit accompagner le produit et contenir les informations utiles à l'utilisateur.
Les outils de formation à taille réelle ou réduite, utilisés pour observer, reconnaître et lutter contre les embrasements généralisés, sont le plus souvent alimentés par des combustibles de classe A. Compte-tenu de la durée et de la fréquence d'exposition plus importantes au quotidien, des préconisations supplémentaires sont proposées pour les formateurs :
Il est également nécessaire de respecter scrupuleusement les protocoles limitant la durée des séances, d'espacer autant que possible les séances exposantes (24 heures par exemple, pour permettre à l'organisme d'évacuer les toxiques — effet cumulatif sinon), et d'inciter les formateurs fumeurs à arrêter, car les toxiques absorbés via la cigarette se cumulent avec ceux des exercices fumées et réduisent la marge vis-à-vis des valeurs limites biologiques.
Ce principe intègre l'ensemble des procédures, règlements, dispositifs techniques et éléments de formation afin de : sensibiliser le personnel pour qu'il devienne acteur du processus ; le former à l'identification du risque et à sa gestion ; mettre en place des stockages adaptés pour éviter le mélange du propre et du sale ; limiter au strict minimum le contact avec des équipements souillés ; mettre en place un circuit de nettoyage adapté.
Ces zones peuvent être matérialisées par des circuits et couleurs différents, et un affichage à destination des utilisateurs des locaux.
La mise en zones peut s'appuyer sur un changement de destination de locaux afin de respecter le principe de la marche en avant, en tenant compte des spécificités bâtimentaires de chaque unité. Des zones intermédiaires (semi-propres) peuvent être créées :
| Zone | Lieu | Chaussant |
|---|---|---|
| Sale | Remise, aires de dépôt et de lavage des véhicules et matériels souillés | Bottes d'intervention |
| Semi-propre | Espaces administratifs, magasins et ateliers, espaces de déshabillage, etc. | Chaussures de protection |
| Propre | Locaux de repos, de restauration, de vie | Chaussures de sport |
L'association des personnels à la réflexion sur le changement de destination des locaux favorise leur adhésion aux bonnes pratiques.
Au quotidien, il est important de respecter plusieurs règles d'entretien des locaux et du matériel pour éviter la dépose de particules provenant des fumées d'incendie :