Tronc commun Avant l'opération
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QCM
Chapitre 2 · Connaissances
Avant l'opération
Source : GDO Prévention des risques liés à la toxicité des fumées, DGSCGC, 2ᵉ édition, septembre 2020

🎯 Une évolution nécessaire de la culture

Les règles de prévention et les bonnes pratiques doivent être abordées au cours des formations suivies par les sapeurs-pompiers dans le domaine de l'incendie, dès les formations initiales.

Au-delà des obligations qui pèsent sur les services d'incendie et de secours en tant qu'employeur, chaque sapeur-pompier est responsable de sa propre sécurité et de sa santé. Il l'est également vis-à-vis de ses collègues dans le cadre d'une prévention collective. L'hygiène et la bonne santé physique sont des éléments primordiaux de la protection du sapeur-pompier contre les risques de toxicité liés aux fumées d'incendie.

Il est important de ne plus valoriser l'image du sapeur-pompier « héros » couvert de suie, sur la peau et les vêtements de protection, aussi bien au sein des services d'incendie et de secours que sur des supports de communication.

La rigueur individuelle et collective dans l'application de quelques règles d'usage permet de se protéger soi-même et de protéger les autres :

1
Utiliser l'ARI de l'attaque jusqu'à la fin du déblai
2
Mettre en œuvre la procédure de réhabilitation
3
Nettoyer ses EPI et les matériels
4
Prendre une douche dès le retour en caserne
5
Changer et laver ses vêtements

🪖 La cagoule de protection filtrante

Depuis 2018, la DGSCGC mène, en lien avec la CNRACL, des travaux qui ont permis de publier un référentiel technique (décembre 2019) relatif à une cagoule de protection filtrante, configurée pour les feux de structures, d'espaces naturels, et les activités associées et complémentaires.

Répondant à des performances de filtration, elle est destinée à protéger du risque thermique et à garantir la filtration de certaines particules fines et suies, tout en conservant le confort au porté et une respirabilité pour l'utilisateur.

Cette cagoule ne filtre pas les gaz. Elle prévient les risques de pollution engendrée par les suies et particules fines, en dehors des phases nécessitant le port d'un appareil de protection respiratoire isolant (ARI).
OpérationExposition couverte
Feux de structures / feux en extérieur (+ ARI le cas échéant)Risque thermique, d'explosion, suies et/ou particules fines en suspension
Feux de forêts et d'espaces naturelsRisque thermique, suies et particules fines en suspension
Activités associées et complémentaires (+ ARI le cas échéant)Inhalation de particules fines ou autres toxiques ; déblais, surveillances, brûlages dirigés, noyages

Elle assure une protection de la tête, du cou, des épaules et du jabot (hors zone oculaire), y compris contre les agressions mécaniques (branches, etc.). Sur le plan ergonomique, elle permet de porter un dispositif de protection oculaire ou un masque ARI sans en modifier les performances, sans gêner les autres équipements, en conservant la liberté de mouvement de la tête et du cou. Trois configurations existent : avec masque ARI (feu de structure), avec lunettes de protection (configuration filtration), et avec masque de fuite (feux de forêts).

📋 Exigences de santé et de sécurité applicables aux EPI

Le règlement européen 425/2016 du 9 mars 2016 établit les exigences applicables à la conception et à la fabrication des EPI. Ils sont classés selon trois catégories de risques ; la catégorie 3 concerne les risques susceptibles d'entraîner la mort ou des dommages irréversibles pour la santé — à ce titre, les ARI (NF EN 137) et leurs masques (NF EN 136) sont classés en catégorie 3.

Le fabricant doit établir la documentation technique et faire évaluer la conformité par un organisme notifié, qui délivre un certificat CE de type permettant le marquage CE. La notice du fabricant doit accompagner le produit et contenir les informations utiles à l'utilisateur.

Les notices d'instructions des ARI/masques prévoient que l'utilisateur doit vérifier que des cheveux ne sont pas bloqués entre le masque et le visage, et que l'étanchéité n'est pas affectée par une barbe, des favoris ou des branches de lunettes. Afin de garantir une étanchéité optimale et prévenir les fuites, le masque de protection respiratoire d'un ARI doit être porté sur une peau rasée.

🎓 La prise en compte des formateurs réguliers avec feux réels

Les outils de formation à taille réelle ou réduite, utilisés pour observer, reconnaître et lutter contre les embrasements généralisés, sont le plus souvent alimentés par des combustibles de classe A. Compte-tenu de la durée et de la fréquence d'exposition plus importantes au quotidien, des préconisations supplémentaires sont proposées pour les formateurs :

  • Établissement d'une liste de formateurs autorisés à utiliser ces simulateurs
  • Suivi médical renforcé avec une périodicité annuelle, avec examens complémentaires le cas échéant
  • Mise en place d'un carnet de suivi des activités de brûlages, répertoriant les activités réalisées et le temps d'exposition aux fumées et au flux thermique
  • Emploi de protections respiratoire, cutanée et oculaire lors des phases de préparation et pendant les phases de déblai
  • L'utilisation de bois traité (palette, cagette) ou aggloméré (OSB, MDF…) est proscrite

Il est également nécessaire de respecter scrupuleusement les protocoles limitant la durée des séances, d'espacer autant que possible les séances exposantes (24 heures par exemple, pour permettre à l'organisme d'évacuer les toxiques — effet cumulatif sinon), et d'inciter les formateurs fumeurs à arrêter, car les toxiques absorbés via la cigarette se cumulent avec ceux des exercices fumées et réduisent la marge vis-à-vis des valeurs limites biologiques.

Chapitre 2 · Application
Organiser la prévention en amont
Circuit sale-propre, gestes quotidiens en CIS

🔀 Le circuit « sale-propre »

Ce principe intègre l'ensemble des procédures, règlements, dispositifs techniques et éléments de formation afin de : sensibiliser le personnel pour qu'il devienne acteur du processus ; le former à l'identification du risque et à sa gestion ; mettre en place des stockages adaptés pour éviter le mélange du propre et du sale ; limiter au strict minimum le contact avec des équipements souillés ; mettre en place un circuit de nettoyage adapté.

Vestiaires « froids »
  • Pour tous les personnels amenés à se changer
  • Compartiment vêtements personnels + tenues de service/intervention
  • Vêtements avec lesquels l'agent rentre à domicile
Vestiaires « chauds »
  • Reçoivent les EPI potentiellement « sales » mais non souillés

🏗️ Applications possibles

  • Vestiaire froid : armoires séparant le linge retournant au domicile du linge restant au casernement
  • Stockage des tenues feu : idéalement mis en dépression pour évacuer les contaminants volatils ou particulaires vers l'extérieur
  • Vestiaire chaud : stockage des EPI pendant la garde (habillage départ) et traitement des EPI souillés au retour (nettoyage, séchage) — une console d'entretien des EPI doit s'y trouver
  • Circuit sale-propre : déshabillage et traitement des équipements au retour d'intervention. Idéalement : lave-bottes → bacs à linge sale près des machines à laver → douches
  • Zone « in » et « out » pour la logistique, à destination des EPI de retour de laverie externe

Ces zones peuvent être matérialisées par des circuits et couleurs différents, et un affichage à destination des utilisateurs des locaux.

🏢 Dans les structures existantes

La mise en zones peut s'appuyer sur un changement de destination de locaux afin de respecter le principe de la marche en avant, en tenant compte des spécificités bâtimentaires de chaque unité. Des zones intermédiaires (semi-propres) peuvent être créées :

ZoneLieuChaussant
SaleRemise, aires de dépôt et de lavage des véhicules et matériels souillésBottes d'intervention
Semi-propreEspaces administratifs, magasins et ateliers, espaces de déshabillage, etc.Chaussures de protection
PropreLocaux de repos, de restauration, de vieChaussures de sport

L'association des personnels à la réflexion sur le changement de destination des locaux favorise leur adhésion aux bonnes pratiques.

🧹 Avant l'intervention — gestes quotidiens

Au quotidien, il est important de respecter plusieurs règles d'entretien des locaux et du matériel pour éviter la dépose de particules provenant des fumées d'incendie :

  • Nettoyage périodique des casiers avec EPI adaptés (gants à usage unique et masque FFP3 si nécessaire)
  • Nettoyage périodique de la cabine des véhicules incendie
  • Vérification des véhicules incendie avec des gants
La persistance d'une odeur de fumée dans les locaux ou dans les engins doit inciter à réaliser une action de nettoyage.
Chapitre 2 · Validation
QCM — Réponses multiples possibles
Coche toutes les bonnes réponses, puis valide.
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Fiche terminée