Une combustion est possible avec la combinaison de trois paramètres : une source de combustible (solide, liquide ou gazeuse), une énergie d'activation (la source d'inflammation) et un comburant, en grande majorité le dioxygène.
Les flux de dangers initiés par la combustion les plus connus restent le flux thermique et le flux toxique, avec l'émission de produits de combustion et de pyrolyse sous forme de gaz. La composition des fumées d'incendie est particulièrement complexe à identifier et propre à chaque sinistre.
Les substances toxiques les plus fréquemment émises lors d'incendies :
Ces composés se classent en deux catégories : les composés organiques (squelette carboné, peu solubles dans l'eau — dont les composés organiques volatils ou COV) et les composés inorganiques (métaux et dérivés, corps simples ou composés simples du carbone). Les incendies produisent aussi des suies composées d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), molécules de benzène fusionnées appartenant à l'ensemble des COV, provenant essentiellement de la pyrolyse de matières organiques.
Le combustible végétal est un bio-polymère complexe composé de cellulose, lignine, hémicellulose, composés extractibles et matières minérales (donnant naissance aux cendres).
Substances majoritairement libérées : dioxyde et monoxyde de carbone, composés organiques volatils et semi-volatils, méthane, ammoniac, monoxyde et dioxyde d'azote, hydrocarbures aromatiques (benzène, toluène...) et des suies — de mêmes caractéristiques que celles des incendies de structure.
L'absorption est un phénomène physique de rétention d'un composé par un milieu (gazeux, liquide ou solide) — mécanique, physico-chimique ou pharmaceutique. Elle explique la présence de particules de suie dans les vêtements, la présence de toxiques dans les voies aériennes, et la diffusion de toxiques dans le sang par pénétration cutanée.
L'adsorption est un phénomène physico-chimique de rétention d'un composé par une surface solide, conditionné par la nature des composés/surface et les conditions physiques (température, hygrométrie, pression). Elle explique la présence de toxiques en surface des particules de suie, la rétention de composés en surface des fibres textiles ou des cheveux, et l'efficacité des masques à cartouche (charbons actifs).
La désorption est le phénomène inverse, immédiat ou différé selon la volatilité des toxiques et d'autres paramètres comme la température. Les EPI, comme les matériels, restent exposés aux fumées et produits de dégradation après l'incendie.
Les fumées d'incendie sont chargées en particules de tailles différentes, principalement grossières et fines. Les voies de pénétration des toxiques sont : l'inhalation, l'ingestion, les voies percutanée et la voie oculaire.
L'inhalation est la plus connue : plus les particules sont fines, plus elles pénètrent profondément dans l'appareil pulmonaire. Les particules peuvent aussi entrer par ingestion lors des phases de repos (hydratation, restauration). L'intoxication percutanée et oculaire peut transporter vers le sang des molécules et particules — ces deux voies sont souvent ignorées, alors qu'elles sont privilégiées en dehors de la phase d'attaque (reconditionnement, restauration, hydratation).
| Agent | Type d'atteinte ou d'effet |
|---|---|
| Monoxyde de carbone | hypoxie générale du système nerveux central et du cœur |
| Dioxyde de carbone | narcose |
| Acide cyanhydrique | asphyxie |
| Vapeurs nitreuses (NO + NO²) | pulmonaire / hémoglobine |
| Isocyanates | pulmonaire, oculaire, cutanée |
| Ammoniac | pulmonaire, oculaire |
| Acide chlorhydrique | irritations sur les muqueuses |
| Acide fluorhydrique | pulmonaire |
| Phosgène | irritation nasale, pulmonaire, oculaire |
| Oxydes de soufre | pulmonaire / hémoglobine |
Un effet aigu se fait sentir dans un temps relativement court (minutes, heures, jours) : hypoxie, irritations pulmonaire/cutanée/oculaire, asphyxie.
Un effet chronique ne se manifeste qu'après un temps d'exposition relativement long et régulier ou répétitif (semaines, mois, années).
Les effets toxiques sur l'individu dépendent de plusieurs facteurs : génétique de l'individu, durée d'exposition, concentration des polluants, interactions entre polluants, voie(s) d'absorption, nature des polluants, nombre d'expositions.
L'exposition aux particules toxiques et/ou résidus de combustion est possible de deux manières :
Directe : les polluants entrent directement par une voie d'absorption de l'organisme, sans passer par un vecteur intermédiaire. Exemples : inhaler de la fumée lors d'un incendie ; inhaler des poussières et particules lors du déshabillage et de la phase post-déblai jusqu'au retour en CIS ; manger de la nourriture polluée par ses mains ou des gants pleins de suie.
Indirecte (croisée) : un personnel initialement isolé de la zone « sale » s'expose aux polluants par un vecteur intermédiaire pollué (élément, objet). Exemples : aider au déshabillage d'un collègue, ranger du matériel souillé.
Deux typologies d'activité exposent les sapeurs-pompiers : la formation avec feux réels et les opérations de lutte contre l'incendie. En matière de particules résiduelles de fumées et dans l'état actuel des connaissances, seule une appréciation du risque est possible — le risque étant la probabilité qu'une personne subisse un préjudice ou des effets nocifs pour sa santé en cas d'exposition à un danger.
L'appréciation du risque repose sur trois facteurs principaux :
Ces trois facteurs sont à confronter aux caractéristiques de la situation. Le commandant des opérations de secours doit adapter les mesures à prendre en fonction de l'urgence de la situation ou du contexte dans lequel s'inscrit l'intervention. Une prise en compte exhaustive des risques permet l'adéquation des axes de prévention dans la conduite des opérations.
Outil d'aide (Annexe B du guide) : phases d'intervention, cibles potentielles et risques associés.
| Lieu | Phase | Cible | Risque |
|---|---|---|---|
| Zone d'intervention | Reconnaissance | Chef d'agrès / Binômes | Intoxication |
| Sauvetage | Binômes | ||
| Établissement / Alimentation | Binômes | ||
| Attaque | Binômes | ||
| Protection | Binômes | ||
| Déblai | Binômes | Intoxication | |
| Surveillance | Agents désignés | Intoxication | |
| Centre d'incendie et de secours | Reconditionnement | Totalité de l'équipage | Exposition aux particules résiduelles d'incendie |
| Réarmement | Totalité de l'équipage + personnel de garde | Exposition aux particules résiduelles d'incendie | |
| Retour dans les locaux de vie | Personnel de garde | Désorption et rémanence des produits de combustion |
| Sigle | Signification |
|---|---|
| ALARA | as low as reasonably achievable, c.-à-d. aussi bas que raisonnablement possible |
| ANSES | agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail |
| BMPM | bataillon de marins-pompiers de Marseille |
| BSPP | brigade de sapeurs-pompiers de Paris |
| CEREN | centre d'essais et de recherche de l'Entente |
| CIS | centre d'incendie et de secours |
| CNAM | conservatoire national des arts et métiers |
| CNESST | commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail |
| CNRACL | caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales |
| DGSCGC | direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises |
| ENSOSP | école nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers |
| EPI | équipement de protection individuelle |
| HAP | hydrocarbures aromatiques polycycliques |