La plupart des ventilateurs utilisés en lutte contre l'incendie sont des ventilateurs thermiques. Des alternatives existent (entraînement hydraulique, ventilateurs électriques, sur accus pour les plus petits), mais les thermiques offrent des vitesses de rotation plus élevées à taille équivalente — ils constituent l'essentiel du parc des engins pompe-tonne en France, malgré un niveau sonore un peu plus élevé.
Respirer des gaz d'échappement est nocif, voire dangereux — toute exposition non justifiée est à éviter. Le CO est aussi un marqueur de la présence d'autres polluants (oxydes d'azote, composés volatils carbonés). Les débits générés par les ventilateurs diluent fortement la concentration en CO, mais il est fortement conseillé de garder son appareil respiratoire isolant dans la veine d'air si l'exposition est longue. L'entretien des équipements est indispensable pour garantir une combustion optimale du moteur.
Les travaux sans protection respiratoire adaptée ne doivent pas se faire sous ventilation thermique. Les accidents sérieux liés aux ventilateurs thermiques ont systématiquement résulté d'un usage inapproprié, en particulier de ventilateurs positionnés en intérieur de locaux, souvent en infrastructure.
Travailler avec des ventilateurs thermiques positionnés en intérieur reste possible, mais demande une grande attention, une bonne maîtrise des techniques de ventilation et un contrôle continu du CO. Si la ventilation devient inefficace, le taux de CO peut croître fortement alors que le brassage près du ventilateur peut donner une fausse impression d'efficacité. Les techniques à plusieurs ventilateurs (cf. PAR-4) peuvent être mises en œuvre.
L'usage de ventilateurs non thermiques pour un déblai ne doit pas conduire à abandonner toute protection respiratoire : la ventilation peut mettre en suspension des particules solides (cendres, fibres de verre…) et accroître la désorption de gaz toxiques.
Certains ventilateurs peuvent être équipés d'une rallonge de pot d'échappement, amenant les gaz au-delà de la zone d'aspiration (plus de 2 mètres). D'autres peuvent recevoir un pot catalytique additionnel (efficacité de l'ordre de 50 %), mais celui-ci peut déborder du gabarit du ventilateur et présenter un risque de brûlure (très haute température).
| Concentration | Effets et délai d'apparition |
|---|---|
| 35 ppm | Maux de tête et étourdissements après 6-8 h d'exposition prolongée |
| 100 ppm | Légers maux de tête en 2-3 h — niveau atteignable même lors d'une VPP correctement réalisée |
| 200 ppm | Légers maux de tête en 2-3 h — doit amener à vérifier l'efficacité de la VPP en cours |
| 400 ppm | Céphalées frontales en 1-2 h — ne doit pas résulter d'une VPP |
| 800 ppm | Étourdissements, nausées, convulsions en 45 min ; inéluctable avant 2 h |
| 1 600 ppm | Maux de tête, vertiges, nausées en 20 min ; issue mortelle en moins de 2 h |
| 3 200 ppm | Symptômes en 5-10 min ; décès en moins de 30 min |
| 6 400 ppm | Symptômes en 1-2 min ; mort en moins de 20 min |
| 12 800 ppm | Perte de connaissance après 2-3 respirations ; mort en moins de 3 min |
Pour retrouver de la visibilité en fin d'extinction, ou pour repousser les gaz chauds, le porte-lance peut utiliser l'énergie cinétique de l'eau projetée pour créer un déplacement gazeux. La lance en jet diffusé projette des gouttelettes qui poussent l'air devant elles ; cette accélération entraîne l'air avoisinant et amplifie le débit.
Le porte-lance se positionne entre l'entrant et le foyer, hors du trajet des fumées. Une lance en jet diffusé continu dans un couloir produit un débit d'air comparable à celui d'un ventilateur classique (s'il existe bien un entrant et un sortant) — permettant une progression lance ouverte créant une « bulle » de fraîcheur autour de l'équipe et orientant le flux de chaleur et de fumées.
Cette technique ne peut pas fonctionner en l'absence de sortant : le flux repoussé en partie haute ne pouvant s'échapper au-delà du foyer reviendrait sur le porte-lance en partie basse, générant un risque de brûlures. Un jet concentré en petits « O » continus peut produire un effet similaire. Il est important de mesurer les dégâts liés à cette technique (quantité d'eau projetée) au regard des bénéfices obtenus.
Le porte-lance se place à environ 1 m d'une fenêtre, lance au débit maximum en jet diffusé (angle permettant à la totalité du jet de franchir la fenêtre). Une dépression est créée dans le volume, qui doit posséder un entrant, refoulant les fumées vers l'extérieur avec un débit d'extraction significatif.
Deux inconvénients : non utilisable pendant l'attaque (l'aspiration créée mettrait le porte-lance sur le trajet des fumées), et nécessite de projeter l'eau par les fenêtres — pouvant poser problème en milieu urbain.
L'usage d'une lance à débit et jet réglable entraîne généralement des mouvements d'air pouvant gêner l'action d'extinction (turbulences aérauliques) — plus le jet est ouvert et fort, plus l'effet est important.
Pour réduire ce phénomène : utiliser le jet diffusé par impulsions en changeant de direction entre chaque ouverture de lance, ou utiliser le jet droit (comme en attaque de transition), qui impacte une surface moins importante.
Apporter des éléments de réflexion sur l'évaluation du risque lié au positionnement du sortant lors d'une ventilation d'attaque. Ces situations justifient l'usage de moyens de communication entre équipes pour garantir un maximum de sécurité.
La dynamique du feu est peu modifiée, le feu n'est pas « aspiré » dans la circulation, le BAT peut progresser sans difficulté. Sans sortant dans le local en feu et sans ventilation d'attaque, le risque de propagation dans les circulations reste réel — les fumées sortiront de toute façon, mais restent concentrées et chaudes, ralentissant le BAT.
La mise en œuvre d'une VPP facilite l'accès et la rapidité d'action, tout en canalisant, diluant et refroidissant les fumées qui seraient sorties de toute façon — situation proche d'un désenfumage de locaux non touchés par le feu. Plusieurs actions peuvent alors être combinées : cloisonnement du feu, désenfumage plus complet des volumes non touchés, attaque en antiventilation dans le volume initial, ou ventilation d'attaque si un sortant est créé dans le volume en feu.
La zone entre le feu et le sortant est soumise à un risque de propagation — mais ce risque existe aussi sans ventilation d'attaque si le BAT est ralenti par des fumées chaudes et opaques. Le positionnement non optimal du sortant n'amène donc pas forcément une situation plus difficile à gérer.
Si l'on identifie que le sortant est réalisé dans une pièce en communication avec le local en feu (et non dans celui-ci), on peut refroidir les masses combustibles de la pièce du sortant par application depuis l'extérieur, généralement en jet droit dirigé sur le plafond (attaque par ricochets). La VPP facilite ici aussi l'action des équipes et une action plus rapide.
Une ventilation d'attaque permet un accès plus rapide et augmente la probabilité de retrouver une victime, contribuant fortement à ses chances de survie.
En l'absence de flammes visibles à la fenêtre d'où sortiraient des fumées très abondantes, il est judicieux de ne pas se précipiter pour lancer d'emblée une ventilation d'attaque — s'assurer d'abord, en reconnaissance, qu'il s'agit bien du local concerné. Les équipes peuvent préparer le matériel pour anticiper et gagner du temps.
Dans les étages enfumés d'un feu peu ventilé, les chances de survie se situent essentiellement dans les pièces fermées non concernées par le sinistre (concentrations en CO rapidement létales ailleurs) — ces zones de survie, si elles restent fermées, seront peu impactées par la création du sortant. Pour un feu bien ventilé, le sortant existe probablement déjà avant l'arrivée des secours, ce qui aide à déterminer rapidement la ou les pièces concernées.
Sans sortant, ne pas utiliser cette technique : le flux reviendrait en partie basse sur le porte-lance (risque de brûlures).