Il s'agit de créer un déplacement gazeux pour permettre à l'air frais de prendre progressivement la place des fumées, qui seront rejetées à l'extérieur.
Configuration : un volume (situé au-dessus d'un étage siège du feu) et son couloir d'accès ont été envahis par les fumées. Le feu est éteint ou suffisamment isolé de l'appartement envahi (pas de possibilité d'allumage des fumées par le foyer initial).
Adapte la manœuvre DEF-1 à un cas plus complexe : présence de plusieurs volumes enfumés (distribution intérieure par couloirs desservant plusieurs pièces). Objectif : optimiser le désenfumage pour vérifier l'absence de victime et limiter les dégâts des fumées.
Les deux manœuvres sont des tactiques défensives : elles n'exposent nullement les sapeurs-pompiers au risque.
Les fluides gazeux sont mis en mouvement grâce à la réalisation d'un gradient de pression, depuis le point d'entrée déterminé pour l'air frais (entrant) jusqu'au point de sortie des fumées (sortant). Le gradient de pression signifie que celle-ci varie (diminue) progressivement tout au long du cheminement de l'air (veine d'air).
Les fluides se déplacent spontanément des zones de haute pression vers les zones de plus basse pression, en empruntant de préférence les cheminements présentant le moins de pertes de charges.
Origine du gradient : il peut être créé par un ventilateur placé à l'entrant, mais aussi avoir une origine naturelle — entrant exposé au vent et sortant abrité, ou entrant en partie basse et sortant en partie haute par tirage naturel lié à la chaleur des fumées.
Dans les deux cas (DEF-1 et DEF-2), le feu n'est pas concerné par la veine d'air créée : cette manœuvre n'a donc pas de conséquence sur le choix des moyens d'extinction.
Risque d'embrasement de fumées combustibles :
Il est impératif de garder à l'esprit que les fumées peuvent, dans certains cas, être combustibles voire explosives. La manœuvre ne présente pas de risque particulier dès lors qu'on est sûr que le feu (s'il est toujours actif) ne peut atteindre la veine d'air.
Choix du ventilateur (DEF-1) :
Plus le volume à désenfumer est important, plus le temps nécessaire sera long. L'usage d'un ventilateur thermique peut remplacer un air fortement pollué par un air non exempt de gaz d'échappement.
Un vent extérieur de vitesse supérieure à 18 km/h (5 m/s) dirigé vers le sortant empêchera très probablement les fumées de sortir : la technique perd fortement en efficacité.
Forme de la veine d'air (DEF-1) :
Plus la veine d'air est tubulaire, plus le désenfumage sera rapide (effet piston : l'air frais pousse les fumées vers le sortant sans se mélanger). Si la veine d'air est plus massive, l'air frais se mélange avec les fumées, qui restent plus volontiers dans les espaces morts — le rendement d'évacuation est alors limité.
Méthode séquentielle (une pièce après l'autre, veine d'air modifiée à chaque fois pour conserver l'effet piston) :