Cette technique opérationnelle est destinée à isoler le feu des zones enfumées, pour les sécuriser et éviter que les flammes présentes dans le volume en feu ne rattrapent et n'enflamment les fumées qui ont envahi les volumes adjacents (couloirs, pièces voisines, étage…).
Les autres actions souhaitées (généralement un ou des sauvetages) peuvent alors être engagées avec plus de sécurité. L'extinction du volume peut être différée. La fermeture de la porte crée un obstacle à la flamme.
Dans une structure multi-compartimentée, un feu est encore contenu dans un volume (ex. chambre ou cuisine). Depuis ce volume initial, des fumées abondantes ont migré, par une porte ouverte ou d'autres voies de communication (gaines, conduits), vers d'autres parties horizontalement ou verticalement. Des actions sont à engager en priorité dans un ou plusieurs volumes adjacents (ex. victime potentiellement présente dans une zone enfumée).
Certaines structures disposent de moyens automatiques de cloisonnement (clapets), dont la bonne fermeture doit être vérifiée (SSI, ou visuellement).
Le recloisonnement peut être considéré comme une tactique défensive de première intention : même si elle nécessite un engagement à l'intérieur de la structure, elle vise à sécuriser plus qu'à lutter contre le feu, en limite du volume siège du feu.
Cette manœuvre ne comporte pas de risque particulier et peut être entreprise en première intention, avant même d'avoir achevé la reconnaissance. Le faible risque repose sur sa rapidité de mise en œuvre et le fait qu'elle s'effectue depuis une position encore peu exposée. Elle peut être effectuée que le local ait ou non une ouverture sur l'extérieur.
La sécurité procurée par la fermeture de la porte suppose qu'il n'existe pas d'autres ouvertures (trémies, gaines, autres portes…) par lesquelles les flammes pourraient rejoindre les fumées. Grande pertinence sur des volumes classiques d'appartement, beaucoup moins dans des locaux dont la volumétrie est difficile à comprendre en reconnaissance rapide (milieu industriel, habitat ancien en centre-ville). La fermeture de la porte reste une action positive mais ne doit pas donner un sentiment de sécurisation assurée : l'engagement de personnels reste conditionné à une analyse plus fine (type de fumées, chaleur…) et à la présence d'enjeux importants justifiant l'acceptation d'un risque résiduel.
Cette action a parfois été désignée comme une technique d'antiventilation. Il ne s'agit pas exactement, dans ce cas, de vouloir empêcher le feu de ventiler, mais plutôt de l'empêcher de prendre la direction de l'intérieur du bâtiment — d'où le choix du terme recloisonnement du feu.
Après reconnaissance rapide :