Indication : immobiliser la tête, la nuque et le dos d'une victime suspecte d'un traumatisme de la colonne vertébrale, le plus souvent en position assise, pour assurer son dégagement ou son extraction. Posée après un collier cervical.
Justification : limite les risques de mobilisation du rachis pendant une manœuvre d'extraction (victime incarcérée). Sa mise en place reste toujours difficile et doit être prudente.
Matériel : corset semi-rigide relié à un rabat qui immobilise la tête, 3 sangles thoraciques, 2 sangles de cuisses, poignées de portage, coussin de tête, sangles front/menton, sac de rangement.
⚠️ L'ACT n'est pas un moyen d'immobilisation du rachis pour le transport. Une fois les sangles thoraciques serrées, elle limite les mouvements de la cage thoracique et peut aggraver une détresse respiratoire — usage limité au dégagement/extraction, retirée avant le transport vers l'hôpital.
Indication : essentiellement l'extraction d'une victime en endroit difficile d'accès. Avec immobilisateur de tête : utilisé en l'absence de MID pour immobiliser une victime suspecte de traumatisme du rachis. Peut aussi servir à allonger une victime suspecte retrouvée debout.
Matériel : plan rectangulaire ~1,85 m, PVC radiotransparent et résistant à l'eau, poignées de portage, sangles thorax/bassin/membres inférieurs. Immobilisateur de tête : coussin fixé, 2 blocs latéraux, 2 sangles front/menton.
Technique de référence pour une victime au sol : brancard cuillère. À défaut : pont à 4 porteurs. En dernier recours seulement (risque de mobilisation plus élevé) : roulement au sol à 3 secouristes.
Indication : immobiliser la colonne vertébrale d'une victime suspecte d'un traumatisme du rachis, du bassin ou de la cuisse. Particulièrement indiqué en cas de lésions multiples. Permet aussi d'immobiliser dans la position adaptée à la détresse (ex. demi-assise pour détresse respiratoire). Doit rester en place jusqu'au transfert sur le brancard à l'hôpital.
Matériel : enveloppe souple étanche contenant des billes de polystyrène expansé, robinet d'air, poignées de saisie, sangles de maintien. Nécessite une pompe d'aspiration (manuelle ou électrique).
Principe : une fois la victime installée, l'aspiration de l'air solidarise les billes, rigidifie le matelas en moulant la victime et l'immobilise.
Ces trois moyens s'articulent souvent dans une même chaîne de prise en charge : ACT pour l'extraction d'un espace exigu → transfert sur plan dur ou directement dans le MID → retrait de l'ACT une fois la victime dans le MID → immobilisation définitive sur le MID pour le transport.
Le plan dur n'est donc, hors extraction, qu'une étape transitoire : la victime en est retirée dès qu'elle est déposée dans le MID.
3 intervenants : secouriste 1 derrière la victime, maintien de la tête à deux mains pendant toute la manœuvre. Secouristes 2 et 3 de part et d'autre, installent l'ACT.
Après pose du collier cervical :
Particularités Enfant : couverture roulée devant thorax/abdomen si l'ACT est trop grande. Femme enceinte (derniers mois) : sangle thoracique inférieure non serrée sur l'abdomen. Traumatisme du thorax : sangle thoracique supérieure pas trop serrée. Suspicion de fracture du fémur : ne pas placer la sangle de cuisse correspondante.
3 intervenants quelle que soit la position de la victime.
Même principe à 3 intervenants ; secouriste 1 en trépied à la tête (prise occipito-frontale), rotation en 2 temps : mise sur le côté puis, après dégagement des genoux des secouristes 2/3 hors du plan dur, poursuite de la rotation jusqu'à la position sur le dos sur le plan dur.
Secouriste 1 devant la victime, maintien de la tête. Secouriste 2 derrière, commande la manœuvre, place le plan dur contre le dos et le saisit en partie haute. Secouriste 3 passe un avant-bras sous une aisselle et relaie le maintien de tête ; secouriste 1 place sa main libre sous l'autre aisselle. Bascule en arrière du plan dur sur annonce « Attention pour basculer… Basculez ! », en maintenant la tête au contact du plan dur.
Si la victime porte un casque : réaliser la manœuvre casque en place, le retirer une fois allongée, puis poser le collier cervical si nécessaire.
Risques Non-respect de la technique = risque d'aggravation d'une lésion de la colonne vertébrale. Sangles thoraciques trop serrées = risque d'aggravation d'une détresse respiratoire.
Relevage vers le MID : brancard cuillère, pont à 4 équipiers porteurs, ou exceptionnellement plan dur.
Une fois la victime immobilisée, si elle porte un collier cervical rigide, il est possible de le relâcher.
Risques Rigidité à surveiller en permanence (piqûre, déchirure). Le transport se fait en déposant l'ensemble « victime-matelas » sur brancard ou plan dur, arrimé. Sur quelques mètres seulement, le MID rigidifié peut être soutenu sur les côtés sans support. Un épanchement de sang peut être masqué par ce type d'immobilisation.
Évaluation : aucun mouvement possible ; la victime ne glisse ni vers le haut, ni le bas, ni le côté ; les sangles ne gênent pas la respiration ; le matelas n'est pas au contact du haut du crâne.