Lésions à type d'entorse, de fracture, de luxation ou de tassement pouvant siéger à n'importe quel niveau de la colonne vertébrale.
La gravité tient à la possible atteinte de la moelle épinière : comprimée par la ou les vertèbres fracturées/luxées, par un œdème ou un hématome, ou sectionnée (lésions irréversibles).
~15 % des victimes d'un traumatisme vertébral (fracture ou luxation) présentent une lésion médullaire. La majorité des victimes avec traumatisme médullaire ont aussi un traumatisme vertébral.
Est considérée comme ayant une lésion du rachis toute victime :
Procédé physique de maintien de la colonne vertébrale en position neutre avant la mise en place d'un dispositif de restriction ou d'immobilisation (maintien à deux mains de la tête en lui demandant de ne pas bouger).
Limitation ou réduction des mouvements du rachis cervical à l'aide d'un dispositif cervical (collier cervical, blocs de tête).
Procédé qui limite tout mouvement de la colonne vertébrale en combinant plusieurs moyens (blocs de tête, collier cervical, plan dur, matelas immobilisateur à dépression).
Buts : ne pas aggraver une lésion instable de la colonne vertébrale qui menace la moelle épinière, et éviter toute immobilisation excessive pouvant entraîner des effets secondaires ou complications graves.
Devant une victime avec suspicion de lésion du rachis (cervical, thoracique, lombaire ou sacré), rechercher en priorité : hémorragie, obstruction des voies aériennes, détresse respiratoire, détresse circulatoire, détresse neurologique.
À toutes les étapes de l'examen, limiter les mouvements du rachis (demander à la victime de ne pas bouger, ou stabilisation).
L'immobilisation du rachis ne doit jamais passer avant la prise en charge d'une détresse vitale.
| A | Examen impossible ou non fiable : altération du niveau de conscience, confusion, sous l'influence d'alcool/drogues, lésions multiples empêchant l'examen, difficultés de communication (langue étrangère, enfant) |
|---|---|
| B | Signes d'atteinte du rachis : douleur spontanée ou à la mobilisation, raideur de la nuque, douleur à la palpation prudente, déformation évidente |
| C | Signes d'atteinte de la moelle épinière : perte/diminution de force ou de sensibilité des membres, paresthésies, perte des urines/matières fécales, érection (priapisme) |
| D | Traumatisme à haut risque : chute sur la tête >1 m ou sur pieds/fesses >3 m, véhicule à grande vitesse (>40 km/h, arrêt brutal), absence de ceinture avec airbags déclenchés, retournement ou éjection du véhicule, 2 roues, piéton renversé, chute de cheval, véhicules de loisirs (jet-ski, quad, kart) |
| E | + Âge > 65 ans ou antécédents à risque : traumatisme vertébral ancien, chirurgie du rachis, maladie osseuse (ostéoporose) |
D + E se combinent : traumatisme à haut risque (D) ET (âge >65 ans OU antécédent à risque) → immobilisation.
Appliquer la CAT devant une plaie du thorax/cou/tête. Ne pas perdre de temps à immobiliser : l'évacuation est prioritaire pour augmenter les chances de survie.
Ne pas l'immobiliser, la laisser s'installer dans la position la plus confortable en essayant de maintenir la tête à 2 mains dans l'axe. Demander un avis médical.
L'immobilisation en position horizontale corps entier est difficile et peut être contre-productive (douleur, aggravation). Respecter la position et la déformation, immobiliser dans la position la plus confortable. Seul le matelas immobilisateur à dépression permet cette immobilisation.
Restriction des mouvements du rachis : blocs de tête + sangles, matelas immobilisateur à dépression (MID), ou collier cervical rigide.
L'usage systématique du collier cervical n'est plus conseillé. Il reste utile si la stabilisation manuelle de la tête s'annonce difficile ou aléatoire lors de l'extraction/relevage. Contre-indications : possible obstruction des voies aériennes, déformation préexistante du rachis cervical (dans ce cas : maintenir la tête dans la position où elle se trouve).
Collier cervical : adapté à la taille, positionné correctement, desserré une fois l'immobilisation sur MID réalisée, resserré pour une nouvelle mobilisation. Réévaluer la liberté des voies aériennes après pose.
Immobilisation corps entier : en priorité dans un MID (reste en place jusqu'à l'hôpital ; permet aussi la position adaptée à la détresse, ex. demi-assise pour détresse respiratoire). Une fois immobilisée, desserrer le collier cervical si présent. Exceptionnellement sur plan dur équipé de blocs de tête : si MID indisponible, effectif insuffisant pour le transfert, ou déformation préexistante / position adaptée à une détresse.
Indication : dès qu'un traumatisme de la tête, de la nuque ou du dos est suspecté, dans l'attente d'une éventuelle immobilisation complète de l'axe tête-cou-tronc. Peut être interrompu après avoir demandé à la victime de ne pas bouger la tête, si elle est allongée à plat dos, calme et coopérante.
Matériel : aucun.
Risques Si un déplacement est nécessaire pour ramener la tête en position neutre, interrompre immédiatement la manœuvre si : résistance perçue au déplacement, douleur cervicale déclenchée/aggravée, sensations anormales déclenchées (fourmillements, décharges électriques) dans les membres. Dans ces cas : maintenir la tête dans la position où elle se trouve, attendre un renfort médical.
Évaluation : la tête reste en position neutre.
Indication : adulte ou enfant suspect d'un traumatisme du rachis, pour restreindre les mouvements du rachis cervical avant une manœuvre de mobilisation, si la stabilisation manuelle ne peut pas être réalisée (difficile ou aléatoire). Mise en place après installation de la tête en position neutre. Si victime sur le ventre : collier posé après retournement.
Contre-indications : possible obstruction des voies aériennes, impossibilité de mettre la tête en position neutre (déformation préexistante).
Matériel : collier cervical adapté à la taille de la victime.
La pose d'un collier n'empêche pas le maintien de la tête par un secouriste lors de la mobilisation (extraction, installation sur MID).
Risques Aggravation/apparition d'un traumatisme médullaire si la restriction n'est pas assurée. Collier mal ajusté → mouvements de tête possibles. Ne limite pas totalement rotation/latéralité. Peut entraîner : obstruction des voies aériennes, difficulté de libération des VA, compression des vaisseaux du cou (aggravation d'un traumatisme crânien), complications locales par compression. Peut aggraver une détresse respiratoire, surtout associé à l'ACT.
Évaluation : collier adapté à la taille, positionné correctement (appui sternum + menton en avant, haut du dos + base de la tête en arrière, contact clavicules et angles de la mandibule), relâché une fois l'immobilisation sur MID réalisée. Réévaluer la liberté des voies aériennes après la pose.