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Traumatisme du dos et du cou
Partie 7e · Connaissances
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QCM
Partie 7e · Connaissances
Traumatisme du dos et du cou
Source : 07AC08 / 07-2026

🦴 Définition

Lésions à type d'entorse, de fracture, de luxation ou de tassement pouvant siéger à n'importe quel niveau de la colonne vertébrale.

⚡ Causes & mécanisme

  • Choc direct au niveau du cou ou du dos
  • Choc indirect : chute sur la tête (plongeon en eau profonde), chute de grande hauteur avec réception sur les talons ou les fesses, mouvement brusque de flexion-extension du rachis cervical (collision à grande vitesse, retournement de véhicule, victime éjectée, accident de 2 roues, chute de cheval…)
  • Chute de sa hauteur chez la personne âgée ou avec antécédents de traumatisme du rachis / maladie vertébrale

⚠️ Risques & conséquences

La gravité tient à la possible atteinte de la moelle épinière : comprimée par la ou les vertèbres fracturées/luxées, par un œdème ou un hématome, ou sectionnée (lésions irréversibles).

~15 % des victimes d'un traumatisme vertébral (fracture ou luxation) présentent une lésion médullaire. La majorité des victimes avec traumatisme médullaire ont aussi un traumatisme vertébral.

🔍 Signes évoquant une lésion du rachis

Est considérée comme ayant une lésion du rachis toute victime :

  • dont les réponses sont qualifiées de non fiables
  • présentant des signes d'atteinte du rachis
  • présentant des signes d'atteinte de la moelle épinière
  • suite à un traumatisme évocateur d'un accident à haut risque de lésion du rachis
  • âgée de 65 ans et plus, ou avec antécédents à risque

📖 Définitions clés

Stabilisation du rachis

Procédé physique de maintien de la colonne vertébrale en position neutre avant la mise en place d'un dispositif de restriction ou d'immobilisation (maintien à deux mains de la tête en lui demandant de ne pas bouger).

Restriction des mouvements du rachis cervical

Limitation ou réduction des mouvements du rachis cervical à l'aide d'un dispositif cervical (collier cervical, blocs de tête).

Immobilisation de la colonne vertébrale (corps entier)

Procédé qui limite tout mouvement de la colonne vertébrale en combinant plusieurs moyens (blocs de tête, collier cervical, plan dur, matelas immobilisateur à dépression).

🎯 Principe de l'action de secours

  • Ne pas mobiliser la victime, en dehors d'un dégagement d'urgence si nécessaire, de sa mise en PLS si elle a perdu connaissance, ou de son immobilisation
  • Stabiliser, restreindre les mouvements puis immobiliser la tête, le cou et le tronc de la victime suspecte d'une lésion du rachis, pour limiter les risques d'aggravation lors du relevage et du transport

Buts : ne pas aggraver une lésion instable de la colonne vertébrale qui menace la moelle épinière, et éviter toute immobilisation excessive pouvant entraîner des effets secondaires ou complications graves.

Partie 7e · Conduite à tenir & gestes techniques
Stabiliser, restreindre, immobiliser
Sources : 07PR08 / 12-2023 · 07FT11 / 12-2023 · 07FT12 / 12-2023

🚨 Rechercher une menace ou détresse vitale

Devant une victime avec suspicion de lésion du rachis (cervical, thoracique, lombaire ou sacré), rechercher en priorité : hémorragie, obstruction des voies aériennes, détresse respiratoire, détresse circulatoire, détresse neurologique.

À toutes les étapes de l'examen, limiter les mouvements du rachis (demander à la victime de ne pas bouger, ou stabilisation).

L'immobilisation du rachis ne doit jamais passer avant la prise en charge d'une détresse vitale.

  • Si détresse vitale : traitement prioritaire selon la CAT adéquate, demander à la victime de ne pas bouger si consciente, avis médical

✅ En l'absence de détresse vitale (ou après traitement)

  • Conseiller à la victime de ne faire aucun mouvement
  • Poursuivre la stabilisation manuelle de la tête si possible
  • Retirer le casque de protection s'il est encore présent
  • Réaliser une immobilisation complète du rachis si un des critères A à E ci-dessous est présent

📋 Critères d'immobilisation complète du rachis

AExamen impossible ou non fiable : altération du niveau de conscience, confusion, sous l'influence d'alcool/drogues, lésions multiples empêchant l'examen, difficultés de communication (langue étrangère, enfant)
BSignes d'atteinte du rachis : douleur spontanée ou à la mobilisation, raideur de la nuque, douleur à la palpation prudente, déformation évidente
CSignes d'atteinte de la moelle épinière : perte/diminution de force ou de sensibilité des membres, paresthésies, perte des urines/matières fécales, érection (priapisme)
DTraumatisme à haut risque : chute sur la tête >1 m ou sur pieds/fesses >3 m, véhicule à grande vitesse (>40 km/h, arrêt brutal), absence de ceinture avec airbags déclenchés, retournement ou éjection du véhicule, 2 roues, piéton renversé, chute de cheval, véhicules de loisirs (jet-ski, quad, kart)
E+ Âge > 65 ans ou antécédents à risque : traumatisme vertébral ancien, chirurgie du rachis, maladie osseuse (ostéoporose)

D + E se combinent : traumatisme à haut risque (D) ET (âge >65 ans OU antécédent à risque) → immobilisation.

🩹 Plaie pénétrante isolée du thorax, du cou ou de la tête

Appliquer la CAT devant une plaie du thorax/cou/tête. Ne pas perdre de temps à immobiliser : l'évacuation est prioritaire pour augmenter les chances de survie.

🌡️ Dans tous les cas

  • Protéger la victime contre le froid, la chaleur ou les intempéries
  • Transmettre un bilan et appliquer les consignes reçues
  • Surveiller attentivement (risque d'aggravation brutale, notamment après chaque mobilisation)

🧩 Cas particuliers

Victime agitée non-coopérante

Ne pas l'immobiliser, la laisser s'installer dans la position la plus confortable en essayant de maintenir la tête à 2 mains dans l'axe. Demander un avis médical.

Déformation préexistante du rachis (cyphose, scoliose) ou victime très âgée

L'immobilisation en position horizontale corps entier est difficile et peut être contre-productive (douleur, aggravation). Respecter la position et la déformation, immobiliser dans la position la plus confortable. Seul le matelas immobilisateur à dépression permet cette immobilisation.

Enfant — traumatisme grave, suspicion de lésion du rachis

  • Si perte de connaissance : conserver la stabilisation en ligne du rachis cervical pour la liberté des voies aériennes
  • Aspiration des sécrétions/sang/vomissures en conservant la stabilisation
  • Laisser l'enfant dans son siège auto si possible, parfaire l'immobilisation avec rembourrage
  • Pour relever un enfant allongé au sol : brancard cuillère plutôt que plan dur
  • Immobiliser sur MID (ou attelle à dépression pour petits enfants) ; plan dur réservé aux manœuvres d'extraction, pas à l'immobilisation ultérieure
  • Blocs de tête positionnables dans le MID ou sur le brancard cuillère

🎯 Choix du moyen d'immobilisation

Restriction des mouvements du rachis : blocs de tête + sangles, matelas immobilisateur à dépression (MID), ou collier cervical rigide.

L'usage systématique du collier cervical n'est plus conseillé. Il reste utile si la stabilisation manuelle de la tête s'annonce difficile ou aléatoire lors de l'extraction/relevage. Contre-indications : possible obstruction des voies aériennes, déformation préexistante du rachis cervical (dans ce cas : maintenir la tête dans la position où elle se trouve).

Collier cervical : adapté à la taille, positionné correctement, desserré une fois l'immobilisation sur MID réalisée, resserré pour une nouvelle mobilisation. Réévaluer la liberté des voies aériennes après pose.

Immobilisation corps entier : en priorité dans un MID (reste en place jusqu'à l'hôpital ; permet aussi la position adaptée à la détresse, ex. demi-assise pour détresse respiratoire). Une fois immobilisée, desserrer le collier cervical si présent. Exceptionnellement sur plan dur équipé de blocs de tête : si MID indisponible, effectif insuffisant pour le transfert, ou déformation préexistante / position adaptée à une détresse.

🚑 Choix de la technique de relevage

  • Victime allongée au sol : brancard cuillère préférable au plan dur (libère le secouriste du maintien de tête). À défaut : relevage en pont à plusieurs secouristes. En dernier recours : collier cervical + installation sur plan dur par roulement au sol
  • Endroit difficile d'accès (véhicule accidenté, espace exigu) : technique d'extraction avec plan dur ou attelle cervico-thoracique (ACT). Si la stabilisation manuelle de la tête est difficile pendant l'extraction : collier cervical rigide puis ACT
  • Sans indication d'immobilisation corps entier : rechercher la coopération de la victime, lui demander de se dégager elle-même puis de s'allonger sur le brancard
  • Interrompre tout mouvement en cas d'aggravation de la douleur ou de signes d'atteinte de la moelle

✋ Geste — Maintien de la tête en position neutre 07FT11

Indication : dès qu'un traumatisme de la tête, de la nuque ou du dos est suspecté, dans l'attente d'une éventuelle immobilisation complète de l'axe tête-cou-tronc. Peut être interrompu après avoir demandé à la victime de ne pas bouger la tête, si elle est allongée à plat dos, calme et coopérante.

Matériel : aucun.

Victime allongée sur le dos

  1. Demander à la victime de ne pas bouger la tête, la prévenir du geste
  2. Se placer à genou dans l'axe de la victime, au niveau de la tête, position stable
  3. Prendre appui avec les coudes sur le sol ou les genoux (diminue la fatigue, augmente la stabilité)
  4. Placer les mains de chaque côté de la tête pour la maintenir dans la position trouvée
  5. Replacer la tête si nécessaire, délicatement, dans l'axe du tronc, sans traction, jusqu'à ce que la victime regarde droit devant
  6. Maintenir la position au moins jusqu'à l'immobilisation du rachis cervical (en général jusqu'à l'immobilisation complète)

Victime debout ou assise

  1. Se positionner devant ou derrière la victime
  2. Placer les mains de chaque côté de la tête
  3. Replacer délicatement la tête dans l'axe du tronc en soulageant le rachis cervical du poids de la tête, jusqu'à regard droit devant
  4. Maintenir tant que l'axe tête-cou-tronc n'est pas complètement immobilisé (ACT, plan dur avec immobilisateur de tête)

Risques Si un déplacement est nécessaire pour ramener la tête en position neutre, interrompre immédiatement la manœuvre si : résistance perçue au déplacement, douleur cervicale déclenchée/aggravée, sensations anormales déclenchées (fourmillements, décharges électriques) dans les membres. Dans ces cas : maintenir la tête dans la position où elle se trouve, attendre un renfort médical.

Évaluation : la tête reste en position neutre.

🩺 Geste — Pose d'un collier cervical 07FT12

Indication : adulte ou enfant suspect d'un traumatisme du rachis, pour restreindre les mouvements du rachis cervical avant une manœuvre de mobilisation, si la stabilisation manuelle ne peut pas être réalisée (difficile ou aléatoire). Mise en place après installation de la tête en position neutre. Si victime sur le ventre : collier posé après retournement.

Contre-indications : possible obstruction des voies aériennes, impossibilité de mettre la tête en position neutre (déformation préexistante).

Matériel : collier cervical adapté à la taille de la victime.

Victime allongée sur le dos (2 secouristes)

  1. Secouriste 1 : maintenir la tête en position neutre pendant toute la manœuvre
  2. Secouriste 2 : dégager ce qui gêne la mise en place du collier
  3. Choisir/régler la taille du collier (hauteur = distance menton – haut du sternum)
  4. Glisser la partie arrière sous la nuque en dégageant les bandes autoagrippantes
  5. Positionner la partie avant pour un bon appui menton-sternum
  6. Ajuster la hauteur si possible, fixer les sangles
  7. Réévaluer la liberté des voies aériennes et s'assurer que le collier ne gêne pas la respiration

Victime assise ou debout (2 secouristes)

  1. Secouriste 1 : se placer de préférence derrière la victime, maintenir la tête en position neutre durant toute la manœuvre
  2. Secouriste 2 : dégager ce qui gêne, choisir/régler la taille
  3. Positionner la partie avant (appui menton-sternum), glisser la partie arrière sous la nuque
  4. Entourer le cou, fixer les bandes autoagrippantes
  5. Réévaluer la liberté des voies aériennes

La pose d'un collier n'empêche pas le maintien de la tête par un secouriste lors de la mobilisation (extraction, installation sur MID).

Risques Aggravation/apparition d'un traumatisme médullaire si la restriction n'est pas assurée. Collier mal ajusté → mouvements de tête possibles. Ne limite pas totalement rotation/latéralité. Peut entraîner : obstruction des voies aériennes, difficulté de libération des VA, compression des vaisseaux du cou (aggravation d'un traumatisme crânien), complications locales par compression. Peut aggraver une détresse respiratoire, surtout associé à l'ACT.

Évaluation : collier adapté à la taille, positionné correctement (appui sternum + menton en avant, haut du dos + base de la tête en arrière, contact clavicules et angles de la mandibule), relâché une fois l'immobilisation sur MID réalisée. Réévaluer la liberté des voies aériennes après la pose.

Validation
QCM — Réponses multiples possibles
Coche toutes les bonnes réponses, puis valide.
🏅
Module terminé
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