Définition : perte permanente ou temporaire de l'aptitude à communiquer et à réagir avec d'autres personnes et avec l'environnement.
Causes : origine traumatique, médicale ou toxique.
Risques : évolution vers l'arrêt respiratoire puis l'arrêt cardiaque, du fait de l'encombrement ou de l'obstruction des voies aériennes par des liquides (salive, sang, liquide gastrique) ou par la chute de la langue et de l'épiglotte en arrière, laissée sur le dos.
Signes : au 2ème regard, une personne a perdu connaissance lorsqu'elle ne répond et ne réagit à aucune sollicitation verbale ou physique, mais respire.
Définition : atteinte de la fonction respiratoire dont l'évolution peut affecter, à court terme, les autres fonctions vitales (circulatoire, neurologique) et conduire au décès.
Causes : obstruction des voies aériennes (corps étranger, allergie, traumatisme, infection), maladies pulmonaires dont l'asthme, traumatisme du thorax, inhalation de produits caustiques ou de fumées.
Signes :
| Paramètre | Seuil de détresse |
|---|---|
| Fréquence respiratoire | souvent > 30 mvts/min |
| SpO2 (saturomètre) | < 94 % (ou < 89 % chez l'insuffisant respiratoire chronique) |
Toute victime ayant perdu connaissance et qui respire doit être considérée à haut risque de détresse respiratoire (voies aériennes menacées).
Définition : atteinte de la fonction circulatoire dont l'évolution peut affecter, à court terme, les autres fonctions vitales et conduire au décès.
Causes : atteinte du cœur (infarctus, insuffisance cardiaque), diminution du volume sanguin (hémorragie, déshydratation), dilatation des vaisseaux (allergie grave, intoxication grave).
Signes :
| Paramètre | Seuil de détresse |
|---|---|
| Temps de recoloration cutanée (TRC) | > 2 secondes |
| Fréquence cardiaque | > 120/min ou < 40/min au repos |
| Pression artérielle systolique | < 90 mmHg, ou baisse > 30 % de la PA habituelle si hypertendue |
Définition : atteinte de la fonction neurologique dont l'évolution peut affecter, à court terme, les autres fonctions vitales et conduire au décès.
Causes : traumatisme crânien, maladie atteignant le cerveau (AVC), la moelle épinière ou les nerfs, intoxications, hypoglycémie.
Signes :
Une victime qui ne répond pas et ne réagit pas, ventilation arrêtée ou agonique → arrêt cardiaque. Une victime qui ne répond pas mais respire → haut risque de détresse respiratoire (voies aériennes menacées). La mesure de la glycémie permet de confirmer une hypoglycémie, à corriger rapidement.
Les trois fonctions vitales (respiratoire, circulatoire, neurologique) sont étroitement liées : l'altération de l'une entraîne, plus ou moins rapidement, une perturbation des deux autres. C'est pourquoi chaque détresse peut ne pas être évidente si elle est en cours de constitution — d'où l'importance de la surveillance répétée des paramètres.
Après un évènement non traumatique : placer en position latérale de sécurité (PLS) à un secouriste.
Après un traumatisme ou évènement d'origine inconnue, dans l'attente d'un avis médical :
Dans tous les cas : administrer de l'oxygène en inhalation et réaliser une aspiration des sécrétions si nécessaire, protéger contre le froid/chaud/intempéries, poursuivre le bilan et surveiller attentivement conscience et respiration.
Après un évènement non traumatique : PLS, faire alerter ou alerter les secours, surveiller en permanence la respiration (regarder le soulèvement du ventre et de la poitrine, écouter, sentir).
Après un traumatisme ou évènement d'origine inconnue : laisser sur le dos, alerter les secours et respecter leurs consignes, surveiller en permanence la respiration ; si la victime vomit ou régurgite, la mettre sur le côté en maintenant si possible l'axe tête-cou-tronc.
Si la respiration s'arrête ou devient anormale : adopter la conduite à tenir face à un arrêt cardiaque et prévenir les secours de l'évolution.
Indication : après avis médical, chez toute victime ayant perdu connaissance, qui respire normalement et est suspecte de traumatisme.
Matériel : collier cervical si indiqué, coussin de tête.
Secouriste 1 (à la tête) maintient la tête à deux mains. Secouriste 2 prépare le coussin, retire les lunettes, rapproche les membres inférieurs, place le bras côté retournement à angle droit, ramène le dos de la main de la victime sur son oreille sous la main du secouriste 1, puis se positionne pour saisir hanche et épaule côté opposé.
Sur commande du secouriste 1 ("Attention pour tourner… Tournez !"), le secouriste 2 tire d'un bloc sur la hanche et l'épaule pendant que le secouriste 1 maintient tête et main pour éviter toute torsion du cou. Mouvement sans brusquerie, en un seul temps.
Secouriste 1 poursuit le maintien de la tête. Secouriste 2 fléchit hanche et genou à angle droit, place un coussin sous la tête, vérifie que la bouche est ouverte. Si lésion thoracique ou de membre, coucher la victime, autant que possible, sur le côté atteint.
Risques : peut aggraver une lésion du rachis ou du bassin — d'où l'avis médical préalable chez le traumatisé. Rend la surveillance de la ventilation plus difficile.
Indication : victime qui ne répond pas, ne réagit pas, mais respire, après un évènement non traumatique, ou sur demande du service de secours alerté.
Retirer les lunettes, rapprocher les membres inférieurs de l'axe du corps, placer le bras côté sauveteur à angle droit, ramener le dos de la main de la victime sur son oreille côté sauveteur, attraper la jambe opposée juste derrière le genou et la relever en gardant le pied au sol, puis s'éloigner du thorax de la victime.
Tirer sur la jambe relevée pour faire pivoter la victime vers le sauveteur jusqu'à ce que le genou touche le sol, sans brusquerie, en un seul temps ; dégager doucement la main sous la tête en préservant la bascule de la tête en arrière.
Ajuster la jambe du dessus (hanche et genou à angle droit) en maintenant le bassin, ouvrir la bouche sans mobiliser la tête et sans rabattre le menton sur le sternum.
Chez le nourrisson : le placer sur le côté, le plus souvent dans les bras du sauveteur, dos du nourrisson contre lui.
Évaluation : position stable la plus latérale possible, contrôle permanent de la respiration, écoulement des liquides vers l'extérieur (bouche ouverte).
Risque majeur d'aggravation brutale avec arrêt cardiaque, notamment lors de toute mobilisation (relevage, brancardage).
Pour les trois détresses (respiratoire, circulatoire, neurologique) : appliquer en priorité la conduite à tenir adaptée face à l'urgence ou à l'aggravation détectée, avant toute autre mesure de confort.