Le malaise est une sensation pénible, traduisant un trouble du fonctionnement de l'organisme, sans que la personne ne puisse en identifier l'origine. Ce trouble peut être fugace ou durable, de survenue brutale ou progressive, ou correspondre à une maladie qui s'aggrave. Parfois, c'est l'entourage qui constate l'anomalie et demande d'intervenir.
Certaines personnes présentent des malaises répétitifs, typiques d'une maladie (troubles cardiaques, diabète, asthme).
À ne pas confondre avec des signes secondaires à une exposition thermique extrême (hypothermie, coup de chaleur) ou à un produit toxique (CO, drogue, alcool).
Signes de gravité à rechercher en priorité (2ème regard) :
En l'absence de détresse vitale évidente, c'est le 4ème regard qui retrouve les signes du malaise : angoisse verbalisée, douleur thoracique ou abdominale inhabituelle, faiblesse brutale, troubles visuels/auditifs, sensation de chaleur ou de froid, nausées, vertiges, maux de tête intenses et récents.
L'examen peut révéler : difficulté d'élocution, paralysie d'une partie du corps, troubles de l'orientation (espace, temps), tremblements, cyanose des extrémités, vomissements, diarrhées.
| Paramètre | Seuil de vigilance |
|---|---|
| Fréquence cardiaque | > 120/min ou < 40/min |
| Fréquence respiratoire | > 20 mvts/min |
Un malaise grave peut à tout moment évoluer vers une détresse vitale.
Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation : appliquer en priorité les gestes d'urgence adaptés.
Si la victime est consciente :
Devant des signes de maladie infectieuse (période épidémique) : appliquer mesures barrières, distance physique, isolement.
Cas particulier — malaise vagal ou orthostatique : si la victime déclare faire régulièrement ce type de malaise et présente étourdissement, nausées, sueurs, sensation de chaleur, points noirs devant les yeux ou sentiment de perte de conscience imminente → l'inviter à réaliser des manœuvres physiques.
Matériel utile mais non indispensable : brancard, matelas immobilisateur à dépression, coussins ou couvertures roulées. Risque : la mise en position peut nécessiter de mobiliser une victime traumatisée.
Indication : à la demande de la victime (médicament prescrit) ou du médecin régulateur, y compris en l'absence de signes de détresse, à titre préventif.
Voies d'administration : injection, inhalation, pulvérisation nasale, ingestion (orale), sublinguale, buccale — sous forme de gaz, spray buccal (avec chambre d'inhalation), spray nasal, comprimés, ou dispositif auto-injectable (DAI).
Dans tous les cas : s'assurer de la prescription médicale et vérifier la date de péremption.
S'assurer de l'absence de trouble de la conscience, faire ouvrir la bouche, déposer le comprimé ou pulvériser sous la langue (sublingual) ou sur la langue (buccal), faire fermer la bouche sans avaler.
S'assurer de l'absence de trouble de conscience et de la capacité à avaler, déposer le comprimé sur la langue si besoin, faire avaler avec un peu d'eau.
Secouer le pulvérisateur, retirer l'oxygène si besoin, faire vider les poumons, lèvres autour de l'embout, comprimer en inspirant lentement et profondément, retenir la respiration 10 secondes.
Vérifier la limpidité de la solution. Injection intramusculaire, face externe de la cuisse (ou deltoïde), à travers un vêtement fin si nécessaire en urgence. Maintenir perpendiculairement, presser jusqu'au déclic, maintenir quelques secondes, masser le point d'injection, éliminer dans un conteneur DASRI.
Placer l'embout complètement dans la narine, en direction de la paroi nasale à l'opposé de la cloison, appuyer fermement sur le piston, renouveler dans l'autre narine si indiqué.
Ne jamais administrer un médicament périmé ou dont la date de péremption est illisible. Si la solution d'un DAI est trouble, colorée ou contient des particules : ne pas l'utiliser. Toute administration et ses effets doivent être notifiés sur la fiche d'intervention (heure incluse). En cas de piqûre accidentelle : procédure « accident d'exposition à un risque viral ».
Indication : dès que la victime reconnaît des signes annonciateurs d'une perte de connaissance imminente d'origine vagale ou orthostatique.
Réalisées par la victime elle-même (expliquées par le secouriste si besoin). Elles ne remplacent pas la position allongée, mais peuvent la précéder si l'allongement est immédiatement impossible (bus, avion, train).
Position accroupie, tête baissée comme pour la mettre entre les deux genoux. Peut précéder la mise en position allongée.
Allongée ou debout (appui contre un mur) : croiser les jambes, contracter les muscles en tendant les jambes, serrer les fesses, contracter la ceinture abdominale.
Agripper les deux mains par les doigts en crochet, écarter les coudes au maximum, contracter les membres supérieurs en tirant comme pour séparer les mains.
Le croisement des membres inférieurs a une efficacité supérieure aux deux autres techniques.